Les Laboratoires Goëmar, spécialisés en biotechnologie marine, ont indiqué le 11 juin lors d’une conférence de presse organisée par Bretagne Innovation, qu’ils sont prêts à investir sur le marché américain du traitement des plantes à partir d’extraits d’algues, agissant comme des vaccins, faute de pouvoir le faire en France.
Simon Berteau, président des laboratoires Goëmar, souhaite voir sa société prendre pied sur le marché américain du traitement des plantes à partir d’extraits d’algues, la matière première dont elle extrait des molécules actives. « Faute d’appuis politiques, nous avons du mal à percer en France. C’est pourquoi nous avons décidé d’investir d’abord sur le marché américain, et de revenir sur le marché français seulement après », a-t-il déclaré. « Nous perdons toujours de l’argent », a-t-il ajouté. La société bretonne a pourtant franchi le cap de l’homologation par la France et par l’UE d’un produit, intitulé Iodus 2, en 2002, après avoir investi 30 millions d’euros dans les années 1990, dans de nombreux travaux de recherche avec le CNRS et l’Inra.
« Nous avons en face de nous un lobby », a-t-il précisé, évoquant l’agro-chimie. Enfin, si nombre d’agriculteurs sont partants individuellement pour utiliser les « vaccins des plantes », leurs représentants y sont réticents, selon lui.
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Comme un vaccin
Le produit homologué, intitulé Iodus 2, permet aux plantes de se défendre face à des attaques de champignons, de virus et de bactéries. Les molécules actives contenues dans ce produit ne tuent pas ces pathogènes, mais suscitent dans la plante des réactions de défense. La substance agit comme un vaccin : « Il suffit qu’une cellule reconnaisse la molécule pour qu’elle transmette le message aux autres cellules et déclenche l’attaque contre le pathogène », a expliqué Simon Berteau.
Ce produit a déjà fait ses preuves contre le feu bactérien sur 2 000 hectares de pommiers et poiriers. Goëmar pourrait assurer la protection anti-fongique du blé et de l’orge en France, sans craindre une insuffisance d’approvisionnement en substances, selon Paul Héry, responsable du marketing. Ainsi, l’interdiction du fluquinconazole, de la famille des triazoles, fin 2008, pourrait potentiellement être compensée par l’utilisation d’extraits d’algues sur blé et orge au printemps 2009. Goëmar est sur le point de voir homologué une molécule contre l’oïdium de la fraise et contre la tavelure du pommier et du poirier.