À la traîne face aux autres prix des grains, le blé dur connaît un manque d’attractivité, a mis en évidence le 2 février un colloque annuel d’Arvalis. C’est pour relancer la filière qu’Intercéréales lance une étude stratégique.
Nicolas Prévost, responsable commercialisation et collecte chez Arterris, n’envisage « pas de reconstitution des stocks » cette année, après les bas niveaux de la dernière campagne, liés notamment à un effet Covid de surconsommation. Au Canada, premier producteur mondial, une baisse des surfaces est à prévoir, selon lui, conséquence d’« une forte concurrence des autres matières premières avec des prix très intéressants ». Le cours du canola notamment est « au plus haut depuis treize ans », signale le 2 février Agritel. Si les marchés des grains atteignent des sommets, celui du blé dur semble « décorrélé », d’après Nicolas Prévost, avec une relative stabilité des prix. Coté 100 €/t plus cher cet été, il n’affiche plus aujourd’hui qu’une cinquantaine d’euros d’écart par rapport au blé tendre, a indiqué l’expert. Cette évolution des prix a peu d’impact sur les surfaces en Europe, où les décisions de semis sont prises plus tôt. Les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture en témoignent, avec des estimations au 1er décembre à 237 000 ha de blé dur (+8,8 %), toutefois très inférieures à la moyenne 2016-20 (310 000 ha).
Une filière en déclin
Face au « déclin préoccupant » du blé dur, Intercéréales (interprofession) lance une étude stratégique pour « améliorer la compétitivité de la filière et relancer la production et la transformation », a annoncé le président de l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) Éric Thirouin. Cette étude, dont la finalisation est prévue « d’ici novembre », vise à « compléter les éléments de diagnostic » existants sur la production de blé dur dans les régions et « préparer un plan d’action » afin de redynamiser le secteur. L’AGPB souligne la baisse des surfaces et de la production, qui ont été « divisées par deux en dix ans », et la situation économique « difficile » des producteurs. Cela marque l’échec du plan de relance adopté en 2015 par FranceAgriMer, qui visait un quasi-doublement de la production de blé dur à l’horizon 2020 ou 2025. Une nouvelle feuille de route est aujourd’hui envisagée pour notamment faire du blé dur « une culture d’avenir et rémunératrice », améliorer « la compétitivité tout au long de la filière », relancer la production et la transformation, répondre aux attentes des clients et des consommateurs de couscous et de pâtes.
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L’adéquation entre offre et demande est un sujet qui concerne à la fois le marché intérieur et l’export. Côté utilisations domestiques, Arvalis pointe une stabilité des volumes entre 2008-2010 et 2017-2019. Les exportations vers les pays tiers subissent quant à elles un plongeon. En cause notamment, un mauvais rapport qualité/prix, selon France Export Céréales.