La photosynthèse, « respiration » des plantes, capte le CO2 de l’atmosphère pour les besoins de croissance des végétaux. Ainsi, les grandes cultures et l’élevage sur prairies, se définissent comme des « pompes à carbone » qui atténuent le dérèglement climatique.
« Les grandes cultures sont une formidable pompe à carbone », a déclaré Philippe Pinta, président de l’AGPB (producteurs de blé), en conclusion d’un colloque organisé par Arvalis (institut du végétal) sur l’agriculture face au changement climatique, le 14 octobre à Paris. Selon l’association des producteurs, les céréales captent sept fois plus de gaz carbonique qu’il n’en est émis pour les produire. De plus, insistait Philippe Pinta, plus le rendement est élevé et plus les céréales captent de CO2 à l’hectare. En élevage, Jérôme Pavie, chef du pôle pastoralisme à l’Idele (institut de l’élevage), a aussi expliqué que la filière ruminant, au-delà d’être émetteur, stocke dans les prairies notamment. « Le carbone stocké compense presque le méthane émis », soutient-il. Ainsi, il table sur des émissions de 14 kg eqCO2 par kilo de viande produite. Parallèlement, 5,5 kg eqCO2 sont stockés. En grandes cultures, la démonstration va plus loin. « Si demain on doit stocker davantage de carbone, on stockera plus. Mais l’agriculture biologique, elle, beaucoup moins. L’agriculture biologique, c’est du pipeau », provoque Philippe Pinta. Il poursuit : « Il faut augmenter les performances des grandes cultures pour capter davantage de CO2 ». La filière des grandes cultures cherche aussi à s’adapter au changement climatique (résistance au stress, irrigation raisonnée). Et de conclure : « Nous avons un avantage comparatif essentiel en France : la stabilité de la production ». En élevage, les travaux pour améliorer le rôle de captage du carbone portent sur l’efficacité alimentaire des animaux notamment ou encore sur la gestion des pâturages à une période nouvelle de pousse de l’herbe, etc. À quelques semaines de la COP21 (conférence climatique) qui doit se tenir à Paris du 30 novembre au 11 décembre, la ferme France campe sur des positions offensives : l’agriculture est une partie de la solution car elle stocke du carbone.
CR
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"L’agriculture biologique, c’est du pipeau"
« Si le principal objectif du non-labour est de stocker du carbone, ce n’est pas le bon cheval », a déclaré Jean-Pierre Cohan, spécialiste de la fertilisation chez Arvalis (institut du végétal), lors du colloque organisé par Arvalis sur le changement climatique, le 14 octobre. Après avoir réalisé une bibliographie sur les travaux menés dans le monde entier, Jean-Pierre Cohan et une équipe d’experts ont montré que de ne pas travailler le sol a peu ou pas d’impacts sur le stockage du carbone. Jean-Pierre Cohan poursuit : « le premier levier pour stocker du carbone en grandes cultures est de restituer le carbone au sol ».