La double performance économique et environnementale des exploitations de grandes cultures apparaît « minoritaire », selon une étude du Centre d’études et de prospective (ministère de l’Agriculture) parue le 9 décembre. « Les exploitations en grandes cultures ayant une performance environnementale supérieure dégageraient un excédent inférieur, pointe le ministère. Ces exploitations auraient des rendements plus faibles compensés, ni par des charges plus faibles, ni par des subventions plus élevées. » L’étude montre un EBE inférieur de 13 k€ (16 %) pour les exploitations à forte ou très forte performance environnementale par rapport à celles en ayant une faible ou très faible. Cet écart est lié principalement à un chiffre d’affaires plus faible de 23 % (51 k€) pour les unes comparées aux autres, soit 28 % de moins rapporté à l’hectare et 24 % rapporté à l’UTAns (unité de travail annuel non salarié). Des charges moins lourdes ont beau exister entre les deux, représentant jusqu’à 0,71 k€/ha contre 1,31 k€/ha, cela ne suffit pas à compenser la perte de chiffre d’affaires due à la différence de production.
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« Puisque la perte de chiffre d’affaires attribuée à l’adoption de pratiques performantes environnementalement est de 23 %, le prix de vente devrait, à rendement inchangé, être augmenté de 30 % pour rattraper ce décalage », d’après l’étude, qui envisage pour cela la création de labels et démarches de qualité, publics et privés. Une autre piste abordée par les auteurs est celle de « subventions mieux calibrées et mieux ciblées sur les exploitations engagées dans des démarches agro-écologiques (éco-programme, MAEC, paiements pour services environnementaux) ». Il s’agit également d’« investir dans la recherche-développement pour promouvoir des techniques culturales écologiquement intensives n’entraînant pas de perte de rendement ».