Acces to Nutrition Index 2018 > Le dernier indice d’accès à la nutrition mondiale vient d’être publié. Il classe les produits des 22 plus grandes entreprises mondiales de l’alimentaire en matière de lutte au niveau mondial contre la dénutrition et les maladies liées à une alimentation trop grasse, trop sucrée et trop salée.
Les grandes marques de l’alimentaire ont encore du chemin à faire pour améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits, les rendre accessibles au plus grand nombre, ou encore développer des stratégies pour lutter contre la dénutrition et ainsi participer, au niveau mondial, à la réduction de l’obésité et des maladies liées à une alimentation trop grasse, trop sucrée et trop salée. C’est ce que montre le dernier Acces to Nutrition Index (ATNI) 2018, publié le 23 mai par la Fondation pour l’accès à la nutrition *.
Publié depuis 2013, cet indice classe les 22 plus grandes entreprises mondiales de l’agroalimentaire affichant un chiffre d’affaires global de 500 milliards de dollars. Pour ce faire, 23 013 produits présents sur neuf des plus gros marchés mondiaux sont passés au crible. Et à en croire l’ATNI, seulement un tiers des produits examinés peuvent être considérés comme "sains". Un niveau "alarmant", selon Paulus Verschuren, président par intérim de la Fondation Access to Nutrition qui considère que les géants de l’alimentation "pourraient et devraient faire davantage pour développer et commercialiser des produits plus sains". Inge Kauer, la directrice exécutive, déclare quant à elle qu' « il y a de bonnes et de mauvaises nouvelles". Celle-ci relève en effet "qu’un certain nombre d’entreprises augmentent leurs engagements pour s’attaquer aux divers défis que soulève la nutrition, y compris les niveaux élevés persistants de sous-nutrition dans de nombreux marchés émergents". Ces entreprises le font par exemple en reformulant certains produits, en améliorant l’étiquetage ou en développant des statégies commerciales adaptés à la sous-nutrition. Cependant, les résultats montrent également que les entreprises doivent "passer de la parole aux actes" et "en particulier établir des objectifs clairs et vérifiables pour améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits" souligne cette dernière. En effet, la proportion des aliments "sains" de chaque entreprise mis en avant par l’ATNI est bien inférieure à celle couramment mise en avant par les entreprises elles-mêmes.
FrieslandCampina gagne des places
Nestlé arrive en tête du palmarès avec des performances au-dessus de la moyenne dans toutes les catégories de l’index et une amélioration dans la plupart des domaines. Il est suivi par Unilever, Danone et FrieslandCampina. La coopérative laitière néerlandaise "enregistre la plus grande progression et monte de quatre places, notamment grâce à une stratégie marketing plus responsable", note l’ATNI. Neuf entreprises ont obtenu un score de 5 sur 10 ou plus, tandis qu’en 2016 elles n’étaient que deux. Le score moyen a augmenté de 2,5 à 3,3, mais reste donc assez bas.
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Le vainqueur qui s’est déclaré " très satisfait de l’évaluation de Nestlé par ATNI" compte bien poursuivre ses efforts. De son côté, Hein Schumacher, patron de FrieslandCampina, a considéré ce résultat "comme une reconnaissance de nos efforts pour fournir au monde une meilleure nutrition. Être transparent sur nos produits et les rendre accessibles à tous sont des éléments clés de notre stratégie."
Zoom sur les substituts du lait maternel
Pour établir ce palmarès, l’ATNI tient compte des engagements et de la politique liés à la nutrition et à la dénutrition, ainsi que des informations divulguées par l’entreprise, et évidement des qualités nutritionnelles du produit. Comme dans les éditions précédentes, l’indice 2018 comporte également un sous-classement (BMS Marketing) qui analyse les pratiques des entreprises en ce qui concerne la commercialisation des substituts du lait maternel. "La commercialisation généralisée des substituts de lait maternels peut compromettre les efforts déployés pour promouvoir et encourager l’allaitement maternel", note ainsi la fondation. Un allaitement maternel qui, lorsqu’il est possible, "sauve des vies en particulier dans les pays en voie de développement", rappelle-t-elle. Aux fabricants de lait pour bébés de veiller à ce que leurs politiques de commercialisation soient pleinement conformes au Code international de commercialisation des substituts du lait maternel.
(Access to Nutrition Foundation, ATNF)) est une organisation indépendante à but non lucratif basée aux Pays-Bas dédiée à évaluer et améliorer objectivement la contribution du secteur privé aux défis mondiaux de la nutrition. L’ATNI a été conçu dans le cadre d’un vaste processus de consultation multipartite. L’indice global est actuellement financé par la Fondation Bill & Melinda Gates et le ministère néerlandais des Affaires étrangères (DGIS).