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FAO Grave menace acridienne à Madagascar

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Madagascar a besoin d’urgence de plus de 22 millions de dollars d’ici juin pour commencer à lutter contre la terrible invasion de criquets qui menace les prochaines saisons de cultures et la sécurité alimentaire de plus de la moitié de la population, avertit la FAO. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture souligne toutefois la nécessité de mettre en œuvre une stratégie sur trois ans, qui requiert 19 millions de dollars supplémentaires.

Le ministère malgache de l’Agriculture avait, fin novembre 2012, déclaré l’état d’alerte acridien et proclamé l’état de calamité publique sur tout le territoire national. Le mois suivant, il a demandé l’assistance financière et technique de la FAO pour faire face à l’invasion, mobiliser des fonds, puis coordonner et mettre en œuvre la réponse d’urgence.
La FAO veut réunir d’ici juin 22 millions de dollars pour lancer la première année d’une campagne antiacridienne de grande ampleur. Elle estime qu’environ les deux tiers du pays seront affectés par l’invasion de criquets d’ici septembre prochain si aucune mesure n’est prise.
Près de 60 % des plus de 22 millions d’habitants que compte l’île pourraient être menacés d’une nette aggravation de la faim, dans un pays qui affiche déjà une insécurité alimentaire et une malnutrition extrêmement élevées.

Un risque pour 60 % de la production de riz

L’infestation menace actuellement 60 % de la production rizicole malgache. Or, le riz est le principal aliment de base à Madagascar, où 80 % de la population vit avec moins d’un dollar par jour. Les essaims de criquets dévoreraient aussi l’essentiel de la végétation verte qui sert habituellement de pâturage. Selon la FAO, une telle invasion nécessitera trois ans de campagnes antiacridiennes. Un supplément de 19 millions de dollars permettra d’assurer les approvisionnements et d’organiser dans les délais les opérations aériennes de prospection et de lutte. Et « une incapacité à agir maintenant résultera plus tard en des besoins massifs en assistance alimentaire », met en garde Dominique Burgeon, directeur de la Division des urgences et de la réhabilitation à la FAO.

Un cyclone est venu aggraver la situation

Le Centre national antiacridien a traité 30 000 hectares de terres agricoles dans l’île depuis le début de la saison des pluies, en octobre 2012. Mais quelque 100 000 hectares qui devaient être traités ne l’ont pas été, compte tenu des capacités limitées des pouvoirs publics. Fin février, la situation s’est encore détériorée avec le passage du cyclone Haruna, qui a non seulement endommagé les cultures et les habitations mais aussi créé des conditions de reproduction optimales pour une nouvelle génération de criquets.

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