L’export de céréales paie un lourd tribut aux grèves SNCF et dans les ports, a alerté Intercéréales (interprofession) dans une lettre aux pouvoirs publics le 20 janvier. « Près de 450 000 tonnes de céréales sont bloquées dans les ports français (Dunkerque, Rouen, La Pallice, Montoir, etc.) », écrit-elle. Les clients étrangers « commencent à se positionner sur des origines alternatives : nord-Europe, Baltique et mer Noire ». Déjà lors des grèves SNCF, la filière s’est reportée « à contrecœur » vers le transport routier entraînant des surcoûts chiffrés entre 4 et 6 €/t. Avec les blocages actuels dans les ports, « le pire est à venir », redoute Intercéréales.
« On est à un point d’inflexion : si la grève se prolonge la semaine prochaine, des flux à l’export seront perdus », considère Jean-François Lépy (Soufflet Négoce), référent logistique à l’interprofession. « J’enrage parce que notre offre est importante en blé, en orge, avec une belle qualité de blé tendre (inférieure sur le taux de protéines face à l’origine mer Noire mais superbe pour la note de panification). » Les grèves actuelles tombent d’autant plus mal que la France est « en phase de reconquête au Maroc, en Afrique de l’Ouest, face à la concurrence de la Russie qui avait gagné des parts de marché en deux ans ».
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La campagne d’exportation de céréales est traditionnellement active à cette période. De gros volumes sont en jeu, avec des chargements prévus de 400-450 000 tonnes par semaine dans les ports maritimes. En cas de grèves prolongées, l’effet pourrait se ressentir sur les cotations. « Le marché du blé est jusqu’ici bien tiré à la fois par la demande, et les prix russes qui ont grimpé de 15-20 €/t sur un mois et demi », observe Jean-François Lépy. Le 21 janvier sur Euronext, il s’est élevé à 198,25 €/t pour l’échéance mars, au plus haut depuis près d’un an. « Si on perd des chargements de 300-400 000 t par semaine, ça risque de faire baisser les cours. »
450 000 t de céréales bloquées dans les ports