Elle avait été annoncée en juillet dernier : la nouvelle structure de Groupama a été adoptée formellement en assemblée générale le 18 décembre. Elle sera opérationnelle à compter du 1 janvier 2004. Une organisation qui repose sur trois institutions : une fédération des caisses régionales, une holding de contrôle et une entreprise opérationnelle, Groupama SA. « , explique le président de Groupama Jean Baligand, » En parallèle à cette mutation, les caisses régionales conduisent actuellement un mouvement important de regroupement. L’objectif est d’aboutir à neuf caisses régionales fin 2004 (elles sont douze aujourd’hui) dont les présidents constitueront le « noyau dur » à la tête de la nouvelle organisation.
Le doublon actuel constitué par la caisse centrale et par Groupama cède donc la place à une organisation en trois institutions. En premier lieu, une Fédération des caisses régionales est créée. Elle sera l’organe « politique » du réseau mutualiste, selon le mot de Jean Baligand. Elle définira la stratégie du groupe, gérera la vie mutualiste et jouera le rôle d’organisation professionnelle agricole. C’est ainsi la fédération qui décidera des grandes options concernant par exemple les investissements dans la banque ou le développement international.
« Bouillon de culture »
En ce qui concerne la vie mutualiste, c’est la fédération qui sera en charge de la formation des administrateurs, de leur information, des travaux de prospective et de réflexion (par exemple sur l’assurance récolte, l’installation des jeunes), de même que des partenariats avec des filières professionnelles ou des organisations professionnelles. La fédération sera dirigée à terme par un conseil d’administration composé de 45 membres, soit cinq par caisse régionale. Son personnel sera constitué de personnes détachées de Groupama SA. Sur le plan du management, elle pourra constituer un passage formateur pour des personnels ensuite chargés de responsabilités opérationnelles chez Groupama SA. Un creuset pour des idées et des analyses innovantes, un « bouillon de culture» selon les mots de Jean Baligand.
Une holding financière
Le deuxième étage de la fusée sera une holding financière, « Groupama holding ». Elle sera dirigée par un conseil de 18 administrateurs, soit les 9 présidents de caisses régionales et les 9 directeurs généraux. Ses actionnaires seront en effet les caisses régionales (plus une fraction de 0,2% du capital appartenant aux salariés). C’est cette holding qui détiendra le capital de Groupama SA.
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Stratégie opérationnelle et réassurance
Enfin, le troisième étage de la fusée est constitué par Groupama SA. Celle-ci aura un double rôle. D’une part la conduite de la stratégie opérationnelle selon les orientations décidées par la fédération et d’autre part la réassurance des caisses régionales. C'est également auprès de Groupama SA que seront rattachées les filiales du groupe.
Ainsi, c’est elle qui conduira les opérations de développement dans la banque ou sur de nouveaux marchés. Elle sera constituée de cinq branches : une branche « individus» intégrant l’assurance comme la banque ; une branche «GAN » pour gérer la filiale acquise il y a quelques années ; un département collectivités et entreprises ; une branche international ; une branche activité financière. Son conseil d’administration sera composé de 18 membres, soit 9 présidents de caisses régionales, 2 représentants de salariés et 7 administrateurs indépendants choisis pour leur compétence. Des comités seront mis sur pied, sur la conduite de la stratégie, sur l’audit, les rémunérations, la réassurance, etc.
Une structure adaptée à l’éventuelle cotation
Groupama SA sera donc, pour la conduite des opérations, l’élément pivot du groupe. A ce titre, si la décision de mise en bourse devait être prise, c’est Groupama SA qui constituerait le « véhicule coté ». Mais avant tout, insiste Jean Baligand, les dirigeants ont recherché « une forte cohésion de l’ensemble », ce qui explique que l’on retrouve les mêmes personnes - principalement les 9 présidents de caisses régionales - à la tête des trois organismes. Ils auront également la même personne en tant que président, c'est-à-dire Jean Baligand, tandis que Jean Azéma devient directeur général des trois institutions. Quant à la cotation en bourse, Jean Baligand explique qu’elle dépend de trois conditions. Premièrement la structure doit être adaptée, ce qui sera donc le cas ; deuxièmement, Groupama doit retrouver une rentabilité suffisante pour « être appètent » selon ses termes ; enfin, il faut une « fenêtre de tir appropriée », c’est-à-dire que la bourse elle-même doit être dans une situation qui apporte des perspectives plus favorables pour un nouveau titre coté.