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Enseignement et recherche Groupama associé à une chaire sur la gestion des risques en agriculture

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Groupama Paris Val de Loire lance avec LaSalle Beauvais une chaire d'enseignement et de recherche sur la gestion des risques en agriculture. Le programme est ouvert à des élèves ingénieurs, mais aussi aux agriculteurs et salariés.

«L E monde agricole est confronté à une multiplication et à une augmentation des risques qui impliquent une évolution du système assurantiel », ont expliqué Eric Gelpe, directeur général de la caisse régionale Groupama, et Philippe Choquet, directeur général de l'école d'ingénieurs LaSalle Beauvais, le 30 septembre en conférence de presse à Paris.

Pour faire face à ces aléas, le groupe d'assurance et l'école d'ingénieur privée lancent une chaire sur la gestion des risques en agriculture. Diverses thématiques sont abordées par la nouvelle chaire : les agriculteurs dans leur perception du risque, leurs stratégies et leur prise de décision ; la distribution du risque entre les acteurs des filières ; l'apport des nouvelles technologies dans le pilotage de l'exploitation ; agriculture et société : nouveaux périmètres en matière de risques. Les élèves ingénieurs de LaSalle Beauvais ne sont pas les seuls concernés. Une formation continue est mise en place pour les salariés de Groupama Paris Val de Loire et les agriculteurs. La chaire « Management des risques en agriculture » inclut aussi l'organisation de séminaires. Cela représente pour la mutuelle d'assurance un investissement de 200 000 euros/an réparti sur trois années.

Un été 2014 révélateur des risques climatiques

Les travaux menés visent à produire des modèles de référence. « La sinistralité climatique augmente et les cotisations ne suivent pas tout-à-fait, a indiqué Eric Gelpe. Nos séries historiques sont perturbées. On a besoin de travailler sur les facteurs de risques et, pour cela, de s'associer dans une chaire. L'idée est d'être dans l'anticipation, pour éviter que le sinistre ne survienne, grâce à des alertes, des mesures préventives. »

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Michel Portier, DG du cabinet de conseil Agritel, a mis l'accent sur l'émergence de nouveaux risques. Dans la liste, figurent les excès climatiques, la volatilité des prix, les défaillances industrielles et technologiques, la responsabilité civile de l'agriculteur en matière sanitaire, environnementale, sociétale. « Gérer une exploitation fait appel à des compétences de plus en plus larges, qui impliquent des risques supplémentaires », a-t-il noté.

L'été 2014 est révélateur de certaines lacunes du système assurantiel par rapport au risque climatique sur les récoltes. Beaucoup de blé se trouve déclassé en catégorie fourragère, victime d'une météo fraîche et humide. « Les indemnisations découlent des volumes perdus. On répond partiellement aux pertes de qualité », a admis Eric Gelpe, en rappelant l'existence d'une couverture du risque de germination du pied. « Reste à étudier l'accompagnement en termes de techniques culturales, d'utilisation de variétés tolérantes au stress hydrique, pour que l'agriculteur ait une meilleure résilience climatique », a-t-il ajouté.