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Assurances Groupama réaffirme l’agriculture et le territoire comme priorités

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L’assureur de l’agriculture, Groupama, entend revenir à ses fondamentaux. Après un développement ambitieux en Europe, le groupe veut privilégier à nouveau ses bases territoriales et agricoles. C’est ce que le nouveau président, Jean-Yves Dagès, a expliqué à quelques journalistes du monde agricole le 14 février. En particulier, « l’introduction en Bourse n’est plus du tout d’actualité », annonce Jean-Yves Dagès. Celle-ci avait été souvent présentée comme un préalable à une grande opération de fusion ou acquisition en Europe.

L’heure est au développement des territoires pour Groupama. Après bon nombre d’années d’investissements dans des pays européens et hors Europe, abordant des activités autant financières qu’assurantielles, Groupama a décidé de revenir à ses fondamentaux : l’investissement dans les territoires et l’agriculture. C’est ce qu’a expliqué Jean-Yves Dagès et son équipe à quelques journalistes de l’agriculture le 14 février. « Nous voulons conduire une politique de développement axée sur les territoires en capitalisant sur notre proximité, avec l’appui de nos 50 000 élus », expliquait le président de Groupama, agriculteur dans les Landes, maire de son village, Poyartin.
La leçon a été tirée de la crise financière mondiale et notamment grecque qui a coûté cher à bon nombre de groupes, dont Groupama. Celui-ci ne renonce pas pour autant à certaines de ses croissances externes. « Nous avons conduit une politique de croissance externe qui nous a notamment permis de mutualiser les risques au niveau international, insiste Jean-Yves Dagès. Cette croissance externe fait encore partie de l’ambition du groupe. » L’activité bancaire n’est pas non plus abandonnée. La banque de Groupama compte pas moins de 550 000 clients. Cependant, il ne s’agit pas de développer une banque pour être un grand acteur sur le marché mais pour apporter un service aux clients de l’assurance. « Nous maintenons notre activité bancaire qui a vocation à offrir à nos sociétaires et clients une gamme de services financiers diversifiée », explique encore Jean-Yves Dagès. Sa fililae Gan Assurances, « une très belle entreprise qui ne rencontre pas de problème particulier », reste aussi partie intégrante du groupe. En revanche, l’ambition de s’introduire en bourse est abandonnée : « L’introduction en Bourse n’est plus du tout d’actualité. Elle serait difficilement compatible avec le mutualisme ».

« Une organisation professionnelle agricole »

De fait, c’est autant comme « une organisation professionnelle agricole » et surtout un organisme mutualiste que ses dirigeants présentent Groupama (notamment la Fédération Groupama) que comme une institution financière. D’où l’affirmation de cette vocation très agricole, 20% des encaissements du réseau étant réalisés dans le domaine agricole. D’où aussi l’expression d’un certain nombre de « revendications » liées à l’agriculture : « Nous demandons à la future Pac de continuer et même d’amplifier le soutien de la gestion des risques. ». Un des objectifs clairement réaffirmés est en effet de pouvoir développer les assurances agricoles, assurances récoltes mais aussi, demain, assurance fourrage. Cependant, affirme le groupe, « une des conditions préalables à la possibilité de proposer des produits d’assurance fourrage est la mise en place d’une réassurance publique. » Ce n’est pas qu’une question d’entreprise. Les assureurs agricoles veulent convaincre les pouvoirs publics français et européens que, s’ils veulent transférer une part croissante des aides agricoles vers des produits assurantiels, cela implique, pour l’assurance fourrage, une réassurance publique. Responsable du secteur agricole dans le groupe, Stéphane Gin indique que le risque maximal d’une sécheresse sur les fourrages est estimé à 2 milliards d’euros. Aucun système privé ne pourrait surmonter une telle échéance. De plus, si l’on veut développer l’assurance récolte elle-même, il faut abaisser les seuils de déclenchement de cette assurance pour la rendre plus intéressante pour l’agriculteur. Ce qui implique un soutien accru de la part des pouvoirs publics, notamment européens. Groupama compte bien faire valoir ces arguments dans les deux débats déjà engagés : celui de la nouvelle Pac et celui de la future loi d’avenir agricole en France. L’assureur est bien une « organisation professionnelle agricole ».

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