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FRUITS SECS/INVESTISSEMENT Groupe Boiron investit un million d'euros pour accompagner sa diversification

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Installé à Privas et Donzère, les entreprises Clément Faugier et Boiron Surgélation, les deux entités du groupe Boiron, se dotent de nouvelles capacités de production pour s'ouvrir à d'autres produits que l'unique châtaigne.

D'ici à la fin 2015, Boiron Surgélation, installée à Donzère dans la Drôme, engagera un investissement d'environ un million d'euros pour automatiser les lignes de conditionnement et d'approvisionnement en emballages. « Jusqu'à aujourd'hui tout est manuel, avance Jean-David Boiron, président du groupe. Cette organisation limite notre développement. » L'objectif de cet investissement pour accélérer l'étape de conditionnement vise à augmenter la capacité de production de près de 25 %. « Aujourd'hui, notre unique ligne de production sert à traiter la châtaigne. En complément, nous pourrons, à terme, réaliser des purées de fruits et légumes ». Le dirigeant souhaite que la production de châtaigne représente 75 % du total et 25 % pour d'autres fruits et légumes. L'investissement en cours vise donc à accompagner la diversification de l'entreprise, historiquement positionnée sur des produits au marron. Boiron Surgélation a été créée dans les années 70 pour accueillir les équipements en froid nécessaires à la conservation en surgelé de la production annuelle de châtaigne utilisée pour les produits 100 % châtaigne de la marque Clément Faugier. « Le site spacieux a ensuite été doté d'une unité de fabrication entièrement automatisée. Une équipe de vingt personnes peut fabriquer 40 à 50 tonnes de crème de marrons par jour. A Privas, sur le site historique de la marque créée en 1891, qui traite des produits les plus fragiles, comme les marrons glacés ou encore la pâte de marrons, une cinquantaine de collaborateurs peut manipuler chaque jour de 1 à 16 tonnes de produits, selon la saison et le type de lignes en fonctionnement. Nos deux sites offrent des process complètement différents. »

UNE GAMME BIO

Avec 85 % de parts de marché sur la crème de marrons selon son dirigeant, Clément Faugier entend conserver son leadership. Mais le marché de la châtaigne, incertain ces dernières années, l'incite à trouver d'autres débouchés pour son usine de Donzère. « Nous avons commencé à imaginer des cubes de légumes surgelés il y a quelques années pour un industriel d'Avignon qui envoyait ses légumes de Provence en Belgique pour les mettre en cube et les faisaient revenir dans son usine du Vaucluse, se souvient Jean-David Boiron. C'était illogique. Aujourd'hui, notre outil nous permet de fabriquer des purées de fruits et légumes pour différentes cibles, sous forme de galets de 5 à 15 grammes. »

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Légumofruit, une troisième entité du groupe Boiron, a été créée cet été pour commercialiser une première gamme de purées de légumes rares bio. « Les purées de potiron, topinambour ou encore de carotte violette seront distribuées dans les circuits spécialisés bio pour le grand public sous la marque Le potager de Clément d'ici à la fin 2015 ou début 2016, annonce le dirigeant. Une gamme de purées de fruits en coupelles pour les restaurants collectifs sera également lancée. L'objectif de la marque Le potager de Clément est d'utiliser uniquement des produits issus de l'agriculture locale et transformés en France. Pour les purées de pommes, nous utiliserons, par exemple, des pommes de la Drôme. Il est possible de transformer et conditionner en local des productions de fruits et légumes cultivées sur nos territoires. C'est notre façon de défendre notre territoire et nos emplois. »

Clément Faugier a réalisé un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros en 2014, stable d'une année sur l'autre, dont 10 % seulement à l'export, et Boiron Surgélation 3,5 millions d'euros, « en légère hausse ». « Les effets des nouvelles gammes de purées de fruits et légumes seront visibles sur le chiffre d'affaires 2016 », précise encore Jean-David Boiron.

LE MARCHÉ DE LA CHÂTAIGNE CHAHUTÉ

En 2014, 8 500 tonnes de châtaignes et de marrons ont été produites en France, en recul de 8 % par rapport à 2013. Les causes sont à aller chercher du côté de la météo et de l'attaque d'un parasite, le cynips, une petite guêpe venue de Chine qui pond ses larves dans les bourgeons de châtaigner et leur donne la gale. L'ensemble de l'Europe est touché par le parasite. Avec 4 600 tonnes, Rhône-Alpes, et principalement le bassin ardéchois, conserve une production stable. Les autres régions de production sont le Sud-Ouest, le Languedoc-Roussillon et la Corse*. La campagne de récolte se déroule de septembre à novembre. 60 % sont destinés au marché du frais, le reste est commercialisé auprès des industriels pour la transformation. Avec son outil de surgélation de Donzère, le groupe Boiron peut stocker sa production annuelle et lisser la fabrication sur l'année. Le groupe est le principal acheteur en Rhône-Alpes puisqu'il traite 6 000 tonnes de châtaignes par an. « Déjà à la création de l'entreprise en 1891, Clément Faugier se fournissait en Italie, souligne Jean-David Boiron. Nous achetons également en Espagne et au Portugal. » * Source : FranceAgriMer