Coop de France a prôné, le 27 février au Sia, l’organisation des producteurs face à une guerre des prix chez les grandes enseignes. Les négociations annuelles ont encore été « extrêmement difficiles », d’après la fédération des coopératives.
L’amélioration des relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs « passera par une évolution de la loi, mais la loi ne réglera jamais tout », a martelé Pascal Viné, délégué général de Coop de France. « Seule l’organisation des producteurs permettra de rééquilibrer le dispositif législatif », a-t-il considéré. Et de souligner la « légitimité » des agriculteurs en matière de commercialisation, transformation des produits dans un cadre coopératif, « la seule façon de maîtriser la création de valeur ajoutée ». Cela va jusqu’à l’arbitrage des flux sortant de la ferme, entre tel ou tel circuit de commercialisation, a estimé le président de la section agroalimentaire Dominique Chargé. Il faut « s’impliquer plus dans la création de valeur », selon lui : « Produire ne suffit plus, il faut produire de manière contractuelle autant que possible ». Coop de France s’est dite favorable à la mise en œuvre de contrats à long terme avec les distributeurs, incluant des clauses de renégociation.
Des distributeurs focalisés sur les prix
Les négociations entre industriels et grande distribution ont encore été « extrêmement difficiles » et se sont focalisées sur les baisses de prix, a indiqué Coop de France, à la veille de la fin des négociations annuelles. « Dans un contexte de guerre des prix entre les enseignes, l’ambiance et les comportements n’ont pas changé, les négociations portent uniquement sur la question des prix et pas sur la mise en avant des produits », a expliqué Dominique Chargé. « Les négociations ont été extrêmement difficiles une fois de plus », a-t-il indiqué,déplorant « les demandes de déflations systématiques, les demandes de compensation de pertes de marge, de nouvelles contraintes logistiques et le refus de toute répercussion des hausses de cours des produits agricoles bruts ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Alors que le cours du saumon a augmenté de 60 % en 2016, « les distributeurs refusent de prendre en compte cette réalité » dans leurs tarifs. Il est à craindre pour les acteurs de ce secteur « une casse économique et sociale qui sera la conséquence des ventes à pertes faites depuis un an », a expliqué Dominique Chargé. Pour la filière laitière dont les cours se sont redressés fin 2016 (+55 % pour le cours du beurre sur un an au mois de janvier 2017), « les acceptations de hausse de tarifs restent marginales », avec « des demandes moyennes de déflation de 2 à 4 % sur ensemble des filières ». Or, les professionnels ont besoin de hausse « de 5 % à 10 % », d’après les coopératives. Alors que le prix du porc a pris 22 % en un an, la filière charcuterie-traiteur « est dans le meilleur des cas dans une neutralisation des tarifs », a assuré Dominique Chargé. Pour la viande rouge et les volailles, la demande de baisse est de 2 %, car les enseignes refusent de « prendre en compte les gains de productivité, dans une filière qui a besoin d’investir », a-t-il ajouté.
« S’impliquer plus dans la création de valeur »