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Guerre picrocholine

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Naguère, on tapait sur les distributeurs parce qu'ils écrasaient les prix. Aujourd'hui, ces mêmes distributeurs reprochent aux industriels de ne pas répercuter les hausses auprès des éleveurs. Ces mêmes éleveurs s'en prennent, non parfois sans raison, alternativement aux distributeurs ou aux abatteurs. Lesquels abatteurs se tournent contre les distributeurs, etc. En clair, tout le monde combat tout le monde et adresse mille reproches aux autres membres des filières viandes. Voilà comment on plombe un secteur entier, celui de la viande, qu'elle soit de porc ou de bovins. Car pendant ce temps, les Allemands, Néerlandais, Brésiliens, Espagnols ou Australiens viennent prendre des marchés, notamment à l'exportation. Là où, à entendre Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture s'exprimant auprès d'Agra Presse, les opérateurs français sont incapables de présenter des offres.

Les Français produisent de remarquables produits, une qualité que peu de pays au monde sont capables de présenter, une diversité qui fait des jaloux. Cet atout majeur, en matière de viande, la France est en train de le gâcher par incapacité de se mettre d'accord sur des objectifs simples. Le 17 juin, on pouvait croire que les membres de la filière élevage-viande s'étaient entendus sur des hausses de cours permettant aux éleveurs de souffler, voire d'investir et de retrouver une dynamique de production. Manifestement, cela ne semble pas être le cas. On comprend le désarroi des éleveurs. Les promesses ne sont pas encore tenues, loin de là.

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Rabelais, inventant le personnage de Picrochole allant faire la guerre à Grandgousier, a inventé du même coup la notion de « guerre picrocholine » : une guerre devenue absurde, ridicule, nuisant à tout le monde sans objectif bien défini. Nous y sommes en plein.