Guillaume Garot, député de la Mayenne et ancien ministre chargé de l’Agroalimentaire, a proposé quatre pistes pour lutter contre le gaspillage alimentaire, à la conférence annuelle de l’association Solaal, association qui milite pour le don alimentaire, le 8 novembre. Ces quatre voies ont été mises en lumière par l’atelier 10 des États généraux de l’alimentation, atelier que préside Guillaume Garot.
L’atelier 10 des EGA, présidé l’ancien ministre de l’Agroalimentaire, a fait émerger quatre axes contre le gaspillage alimentaire : l’action à l’échelon du territoire, les freins réglementaires à lever, la formation des professionnels et l’éducation dès l’enfance, a indiqué Guillaume Garot le 8 novembre à l’assemblée générale de Solaal, association qui facilite le lien entre les donateurs des filières agricoles et alimentaires et les associations d’aide alimentaire.
Pour l’action à l’échelon du territoire, Guillaume Garot a suggéré « une boîte à outils » pour l’action locale à partir des financements des programmes alimentaires territoriaux, recommandant « les actions qui créent de l’emploi ». Concernant les freins réglementaires à lever, il a évoqué une modulation de la fiscalité. S’agissant de la formation des professionnels, il faisait allusion aux formations dans les lycées agricoles et les lycées hôteliers et a évoqué à ce propos une reconnaissance des bonnes pratiques des professionnels (de l’agriculture, de la transformation, de la distribution et de la restauration) à l’aide d’une certification. Enfin sur l’éducation dès l’enfance il visait la sensibilisation au gaspillage alimentaire à travers les programmes scolaires.
La lutte contre le gaspillage génératrice d’économies et d’emplois
Traquer les postes de gaspillage alimentaire permet de faire des économies. « Je conseille à mes clients, des entreprises, d’évaluer combien leur coûte le fait de trop acheter et de ne pas valoriser ce qui est en trop », a témoigné Vincent Aurez, expert en économie circulaire au cabinet d’audit d’EY France (Ernst & Young). Veiller à contenir le gaspillage alimentaire suscite l’innovation créatrice d’emplois. Vincent Aurez a cité l’exemple d’une enseigne de distribution qui a conclu un partenariat pour transformer les invendus de légumes en coulis. Un salarié a été recruté à cet effet.
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Sophie Fourchy, de la Fondation Carrefour, a mentionné la transformation d’invendus de fruits en confitures, la valorisation de pain excédentaire en aliments pour bétail, des actions encourageant des petites cantines à recuisiner des restes et l’utilisation de déchets de cuisine comme fertilisants pour des jardins urbains. « Au-delà du principe selon lequel il ne faut pas gâcher, c’est un appel à l’innovation qui est lancé », a-t-elle conclu.
La valeur de l’alimentation au centre du sujet du gaspillage
« Il faut redonner de la valeur à l’alimentation par l’éducation », a insisté Guillaume Garot, développant le quatrième point de son intervention (l’éducation), à la conférence de Solaal, présidée par Angélique Delahaye, eurodéputée et maraîchère en Indre-et-Loire. L’action pédagogique qui consiste à redonner de la valeur à l’alimentation ne peut qu’avoir des retombées positives pour la reconnaissance du travail des filières agricoles et alimentaires (producteurs, des transformateurs, transporteurs, metteurs en marché), ont convenu les intervenants. Éric Birlouez, sociologue de l’alimentation, a développé cet aspect : « On gaspille ce qui revêt pour nous peu de valeur ». Les raisons sont multiples : l’alimentation est devenue abondante, les prix ont régressé, les produits alimentaires sont éloignés des produits agricoles par leur aspect et leurs propriétés, ils sont devenus suspects car « on ne sait plus ce qu’on mange », a souligné Éric Birlouez.