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Guillaume promet aux céréaliers d’accompagner leur transition

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Au congrès de l’AGPB (producteurs de blé), Didier Guillaume a promis d'accompagner la transition des céréaliers qui se sont engagés dans « un nouveau pacte avec la société pour une agriculture compétitive et respectueuse de l’environnement ».

« C’est sur la compétitivité, l’innovation et la transition que nous devons accompagner la mutation de notre agriculture », a déclaré le ministre de l’Agriculture. La réussite de ce « changement de paradigme » et de la « transition agroécologique » passe, selon lui, « par la co-construction ».

L’AGPB a présenté un projet stratégique autour de la certification HVE (Haute valeur environnementale). Il s’agit d’aller vers « une déclinaison adaptée aux grandes cultures » : les céréaliers veulent « apporter des assurances aux consommateurs mais aussi entrer dans une démarche de création de valeur », a expliqué le président Philippe Pinta. « Le ministère de l’Agriculture sera au rendez-vous pour vous accompagner dans ce défi » de la durabilité, a répondu Didier Guillaume.

L’utilisation de la RPD

Critiqué sur l’augmentation de la RPD (Redevance pour pollutions diffuses) – elle sert à « financer encore une fois l’agriculture bio », selon l’AGPB –, le ministre a reconnu une mise en œuvre « mal calibrée ». Et de s’engager à ce que « 100 % de cette taxe revienne à l’agriculture et ne parte pas dans un budget général ». La RPD doit servir « pas uniquement au bio, mais à l’ensemble de l’agriculture, à ceux qui vont faire les transitions agroécologiques », a-t-il affirmé.

Un discours visiblement bien accueilli par les congressistes, à en juger par leurs applaudissements répétés. « Cette transition, appelée de vos vœux, doit se bâtir dans la confiance et dans un cadre stable, lisible et économiquement viable », avait insisté dans son discours Philippe Pinta, dénonçant outre la RPD, un transfert du 1er au 2e pilier de la Pac, des décisions sur les phytos « sans étude d’impact », comme la suppression des remises, rabais, ristournes ou la séparation du conseil et de la vente, ou « sans prise en compte de l’existence d’alternatives », comme l’interdiction de certains produits.

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Lors d’une table ronde, le président du conseil céréales de FranceAgriMer Rémi Haquin avait lui rappelé le coût de la transition, chiffré à quelque 10 milliards d’euros sur 15 ans dans le plan de filière. Le seul volet réduction des phytos crée « un besoin en formation, conseil, financement de la prise de risque, agroéquipements adaptés ». Tout une série d’investissements pour lesquels les céréaliers doivent être accompagnés, selon lui.

Orientation des aides Pac

« La transition agroécologique doit se faire aussi dans le premier pilier » de la Pac, a déclaré Didier Guillaume. Dans ce cadre, l’eco-scheme doit être obligatoire pour les États membres, mais facultatif pour les agriculteurs, selon lui. Objectif : « Permettre de rémunérer les services rendus en agriculture ». L’AGPB attend aussi beaucoup du second pilier de la Pac. « Accompagner cette transition sera, j’espère, une des priorités pour les mesures d’accompagnement du deuxième pilier », a déclaré Philippe Pinta, soulignant que ces dernières « n’ont que peu bénéficié aux grandes cultures jusqu’à aujourd’hui ».

La RPD doit servir « à ceux qui vont faire les transitions agroécologiques »