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Haies : l’Afac demande 250 M€/an pour financer le Pacte

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Les associations d’agroforesterie de l’Afac ont estimé les besoins de financement du Pacte en faveur de la haie à 250 millions d’euros jusqu’en 2030. Objectif : planter 50 000 km de haies et en restaurer 440 000 km.

Alors que Marc Fesneau a lancé, début mai, une concertation pour aboutir durant l’été à un Pacte en faveur de la haie, les professionnels de l’Afac (agroforesterie) ont estimé les besoins à 250 millions d’euros (M€) par an jusqu’en 2030. Ce qui permettrait d’ici 2030 de planter 50 000 km de haies (+18 000 km en régénération naturelle) et d'en restaurer 440 000 km. Une partie du plan est consacrée à la création de nouvelles filières, avec pour objectif de produire 3 Mt de biomasse (MS) par an, produite par 78 000 agriculteurs labellisés Label Haie et 70 structures de valorisation. « La meilleure protection des haies sera de leur redonner une valeur », a expliqué Paule Pointereau, responsable stratégie et projets de l’Afac.

Dans le détail, le plan de l’Afac est construit en trois parties. 39 % du budget seraient alloués à « stopper l’érosion des haies et les valoriser », par le soutien à la « gestion durable des haies existantes », au « développement » et à la « structuration des filières locales de valorisation ». 60 % des coûts seraient dédiés à « densifier le linéaire », en soutenant « la reconstitution de haies » et la filière des plants « Végétal local ». Enfin 1 % des coûts iraient au suivi et à l’évaluation.

60 % du budget pour « densifier »

Les contours du Pacte restent à dessiner. Trois groupes de travail ont été constitués par le ministère de l’Agriculture, dont un premier s’est réuni le 16 juin, dans une ambiance « constructive », s’est félicité l’Afac. En dehors de ce cadre, les représentants de la LPO (protection des oiseaux) et d'Humanité et biodiversité ont rencontré le ministre de l’Agriculture le 19 juin pour parler plus largement biodiversité. Elles se sont dites ouvertes, « avec beaucoup de réserves », à ce que des linéaires de haies puissent être « soldés s’il y a compensation par ailleurs ». Les associations sont par ailleurs toujours dans l’attente de précisions sur l’objectif annoncé fin 2022 de planter un milliard d’arbres d’ici 2032, qu’elles soutiennent vivement.

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Au-delà du lancement du Pacte pour la haie de Marc Fesneau, cette estimation de l’Afac s’inscrit dans la foulée de l’Appel de la haie qu’elle avait lancé en février, fixant des objectifs à 2050 (doubler le linéaire et « zéro dégradation de haie »). En sus de nombreux syndicats et associations, dont la Confédération paysanne, trois régions (Bretagne, Bourgogne-Franche-Comté, Nouvelle-Aquitaine) avaient signé cet appel.

Selon un récent rapport du CGAAER, près de 23 600 km de haies auraient disparu par an entre 2017 et 2021. En raison du changement climatique et de l’agrandissement accéléré des exploitations, l’Afac table sur une accélération de la disparition des haies si aucune politique ne changeait, à un rythme de 30 000 km par an en 2027 et 2028, puis de 40 000 km/an en 2029 et 2030.

70 structures de valorisation en 2030