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Vins et spiritueux Hausse de 2,2% des exportations en 2005

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Les exportateurs de vins et spiritueux, malmenés depuis deux ans, se reprennent à espérer. La dégradation de certaines ventes semble enrayée, selon la FEVS, au vu des 7,7 milliards d’euros d’exportations enregistrées l’an dernier. Cognac et champagne ont tiré l’ensemble, et le second semestre a amorcé un rebond pour les vins tranquilles.

Les exportations françaises de vins et de spiritueux ont progressé en 2005 de 2,2% à 7,74 milliards d’euros, surtout grâce au cognac et au champagne ainsi qu’à une montée en flèche de la demande chinoise, retrouvant leur niveau de 2002.

Malgré un nouveau recul des bordeaux et des beaujolais, l’ensemble des vins et spiritueux affiche de meilleurs scores à l’exportation en 2005 après « deux années difficiles », a souligné le président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), Philippe Casteja, lors d’une conférence de presse. La performance, rappelle la fédération, équivaut à la vente de 124 Airbus ou de 10 satellites !

En 2004, les exportations avaient chuté de 3,1 %, surtout en raison d’une chute des ventes de vins de Bordeaux. En 2003, elles n’avaient progressé que de 1,7 %, l’année ayant été difficile pour les vins tranquilles. En 2002, les exportations de vins et spiritueux avaient progressé de 6,4 % à 7,7 milliards d’euros.

« Notre secteur a sensiblement progressé en 2005, mais il est encore loin d’avoir reconquis (ses) parts de marchés perdues », a estimé M. Casteja.

L’année 2006 présente de « bonnes perspectives» grâce à « la performance constante du champagne, aux résultats exceptionnels du cognac et à des résultats encourageants pour les vins tranquilles sur le second semestre», a-t-il ajouté.

Le cognac tire l’ensemble des spiritueux

L’année a été excellente pour les spiritueux, dont les ventes ont augmenté en volume de 4,8 % et de 6,4 % en valeur, à 2,194 milliards d’euros. La contribution du cognac (26 % du total des volumes, mais 62 % en valeur) a été décisive avec une progression exceptionnelle de +5,2 % en volume et de +9,3 % en valeur. Les qualités supérieures ont « surperformé », de même que les marchés d’Extrême-Orient dont le potentiel semble énorme. Les succès remportés en Asie comme outre-Atlantique montrent que la profession a su sortir de la crise de la fin des années 90 et tiré profit de ses investissements publipromotionnels (estimés à 350 M EUR).

Les USA restent de loin notre premier marché d’exportation de spiritueux (36,7% de l’ensemble en valeur) en forte progression autant en volume qu’en valeur (+6,8%). Le cognac y a enregistré une poussée de 9 % en volume et de 10,4 % en valeur. Le Royaume-Uni a perdu une place, en troisième position en valeur derrière Singapour : nos ventes outre-Manche ont pourtant progressé de 3% en volume mais perdu en valorisation (-0,6 %) ; même le cognac y enregistre des résultats mitigés (-4,7 % en volume, -1,5 % en valeur).

L’Asie confirme son rang de destination privilégiée avec de bons résultats en valeur pour Hong Kong, une performance exceptionnelle pour Singapour, devenu le 2e débouché en valeur (+22,3 %) avec des volumes également en progression (+17,2 %). Grâce au cognac, la Chine entre dans le top 10 de nos clients (+48,6 % en valeur).

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Pour les autres spiritueux, le bilan est plus contrasté : hormis la vodka « produced in France » qui progresse de 15,5 % en volume et de 19,2 % en valeur, sur un segment très haut de gamme, le rhum et le calvados se sont bien comportés mais les liqueurs, calvados et autres eaux de vie ont régressé en volume ou se sont dévalorisés.

Vins : l’espoir ?

Au chapitre des vins, les exportations n’ont pas été aussi décevantes qu’en 2004. D’une part, les performances du champagne ont encore été excellentes, en particulier en valeur et les autres vins se sont mieux comportés à l’export à partir du second semestre. La Champagne a exporté 10,4 millions de caisses (de 12 bouteilles), soit 1,2 % de plus qu’en 2004, pour un montant de 1,87 milliard d’euros, en progression de 6,3 %.

Les exportations de vins tranquilles ont en revanche reculé de 2,2 % à 3,5 milliards d’euros, mais les pertes ont été limitées par un «rebond» au second semestre, a souligné la fédération.

« Nous constatons une reprise des vins tranquilles depuis août. Nous avons enrayé la chute », a estimé M. Casteja, qui mise sur une « progression» en 2006 « même si la réorganisation de l’offre prend du temps», après un recul en 2005 des exportations de vins du Beaujolais (-5,9%), du Bordelais (-3,7%) et des Côtes-du-Rhône (-5,7%). A souligner les belles progressions des vins du Val de Loire (+9,4% en volume, +17,5% en valeur) et des bourgognes (+6,8%).

La chute est nettement moins importante que l’an dernier notamment pour les Bordeaux, dont les exportations avaient dégringolé en 2004 de 12% en volume et de 22% en valeur. Dans les vins tranquilles, « nous avons toujours des faiblesses en Grande-Bretagne et en Allemagne à cause de la concurrence des vins du Nouveau Monde », a-t-il expliqué, en soulignant la « difficulté» d’avoir « 400 appellations de vins, alors qu’il n’y a qu’une dizaine de marques de cognac et une quinzaine de champagnes ».

Par pays, si globalement les exportations de vins et spiritueux sont en difficulté sur la plupart des marchés traditionnels (Europe et Japon), elles explosent en Chine (+47,8%) et croissent à Singapour (+19,4%), en Espagne (+13,8%), en Russie (+12,8%) et aux Etats-Unis (+6,7%).

La FEVS note l’entrée de la Chine dans les vingt premières destinations, « confirmant l’importance de l’Asie, avec Singapour comme plaque tournante », pour les exportations de ces produits.

« Tous les produits reprennent des couleurs sur les Etats-Unis », première destination des vins et spiritueux français, grâce à la remontée du dollar, tandis que le Royaume-Uni, deuxième destination, recule de 4,9 %.