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Hausse du SRP et pouvoir d’achat : bataille de communication

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Le relèvement du seuil de revente à perte (SRP) entrera en vigueur le 1er février. Dans le contexte des Gilets jaunes, cette potentielle atteinte sur le pouvoir d’achat des Français engendre une bataille de communication entre le gouvernement et les syndicats agricoles, d’un côté, et quelques distributeurs de l’autre.

Dans son édition du 30 janvier, le Parisien explique que, du fait du relèvement du seuil de revente à perte (SRP) de 10 %, « les prix de centaines d’articles, parmi les plus consommés, vont bondir à partir du 1er février ». + 9,3 % pour les céréales du petit-déjeuner Chocapic, + 8,4 % pour le Nutella aboutissant à une hausse de 6,3 % pour un chariot de 24 produits. Un impact sur le pouvoir d’achat estimé donc comme non négligeable. L’article se base sur une « liste des principales hausses déjà programmées fournie par un grand distributeur qui souhaite rester anonyme ».

Mieux répartir les marges

Sur France Info, le 30 janvier, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a admis que 500 produits sur les 13 000 que comptent les supermarchés et 800 sur les 20 000 produis des hypermarchés seront concernés par une hausse de prix au 1er février. La loi « stipule qu’une grande surface ne peut pas vendre de produits aux consommateurs moins cher que ce que ça vaut », explique-t-il. Aussi, « il y aura 4 % des produits qui vont augmenter beaucoup. Je le regrette, j’aurais voulu que ce soit différent », déclare-t-il. Le ministre enjoint les distributeurs à « trouver le moyen de répartir les marges différemment » avec pour objectif « que les produits agricoles soient vendus à leur juste valeur ».

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs, soutiens de la première heure du relèvement sur SRP, ont immédiatement réagi, dans un communiqué de presse commun, dénonçant un « amalgame avec une hausse généralisée des produits » et une « hasardeuse instrumentalisation des chiffres ». Se voulant pédagogiques, ils rappellent que « le SRP fait partie d’un dispositif dont l’objectif est […] de mieux rémunérer les agriculteurs, pas de matraquer les consommateurs ». Les syndicats expliquent que « ce n’est pas parce qu’il y a une hausse sur certains produits que le panier global va augmenter. Il s’agit plutôt d’un rééquilibrage, pour aller d’une marge zéro sur les produits d’appel (et une marge plus que confortable sur le reste), vers une répartition plus raisonnable » des marges des distributeurs sur l’ensemble des produits alimentaires. Mais FNSEA et JA restent optimistes : « Si l‘objectif du "grand distributeur anonyme" n’est clairement pas celui [de sortir de la guerre de prix, ndlr], nous avons bon espoir que les concurrents sauront être plus vertueux ! »

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La guerre des MDD

Mais la guerre des prix entre enseignes de grande distribution semble se déporter sur le terrain des marques de distributeurs, qui par essence n’est pas concerné par le SRP qui vise l’activité d’achat-revente. Dès le début de l’année, Michel-Édouard Leclerc annonçait la baisse des prix sur 4 600 produits de sa marque distributeurs – à l’exception des produits agricoles mais pas des produits alimentaires transformés. « Le gouvernement ayant décidé d’imposer aux distributeurs une marge minimum au 1er février, E.Leclerc, fidèle à ses engagements historiques, se devait de trouver des solutions pour garantir des prix accessibles », justifie le distributeur. Intermarché n’a pas tardé à lui emboîter le pas en annonçant baisser les prix de ses marques propres, à l’exception des beurres, œufs et rayons traditionnels – mais pas des autres produits alimentaires.

« Ce n’est pas parce qu’il y a une hausse sur certains produits que le panier global va augmenter. »