Prenons garde, maintenant que le train des réformes a pris un tour plus précis à travers le discours du président de la République, le 30 août, au Medef. On n’attendait pas forcément dans cette enceinte qu’il aborde de façon aussi directe deux sujets essentiels pour le monde agroalimentaire : la réforme de la Pac et les relations industrie-commerce. Et ce n’était pas banal et fait plutôt pour bousculer un maximum quand il a dit vouloir, par souci du pouvoir d’achat bien sûr, « achever la réforme de la loi Galland avant la fin de l’année ». Cela signifierait donc un atterrissage brutal sur le « triple net » dès 2008 alors que l’on avait encore un ou deux ans pour y arriver selon la loi Dutreil. Objectif : restituer encore plus au consommateur les avantages consentis par les industriels plutôt que de laisser les enseignes gonfler leurs marges. Le problème, outre la difficulté de faire voter à temps les députés sur tout ou partie de la réforme initialement prévue, c’est que même en forçant la main des plus réticents (PME, agriculteurs, voire certaines enseignes) il n’est pas sûr que le consommateur y voie plus que du feu étant donné l’actuelle flambée des produits de base. A l’intention en tout cas du monde agricole, le président a fait aussi une autre annonce qui n’intéressait pas forcément le patronat : il proposera « une nouvelle Pac, en partenariat avec la profession » et se fera l’avocat d’une « véritable préférence communautaire » en exigeant « la réciprocité » dans toutes les négociations internationales. Autrement dit, l’agriculture est faite pour produire et non pour le seul entretien du paysage et la France veut rappeler au monde qu’il « n’a jamais eu autant besoin de production agricole et de sécurité alimentaire ». Si ce n’est pas une rupture, après tant d’années passées à abaisser notre garde !
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.