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Bière/Stratégie Heineken contré dans sa tentative de reprise de Thai Beverage

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Comme pressenti, le brasseur hollandais est encore loin d’avoir gagné la partie dans sa tentative de mettre la main totalement sur la bière Tiger Beer, leader de sa catégorie en Asie (cf Agra Alimentation N° 2209 et 2210 du 26 juillet et 6 septembre). Dans cette partie de billard à plusieurs bandes, Heineken veut être largement majoritaire d’Asia Pacific Breweries, producteur basé à Singapour de Tiger Beer, dont il possède déjà 42% en achetant les 40% détenus directement ou indirectement par Fraser&Neaves, son partenaire historique. Les actionnaires de F&N doivent se prononcer le 28 septembre sur l'offre améliorée de Heineken de 5,6 milliards de dollars singapouriens (4,5 mds USD), contre 5,1 milliards dans l'offre initiale, pour le rachat des parts de F&N dans APB. Le conseil d'administration de F&N a recommandé aux actionnaires d'approuver l'opération. Heineken avait été contraint à revoir à la hausse son offre car le milliardaire thaïlandais Charoen Sirivadhanabhakdi, propriétaire de Thai Beverage (THBEV) avec une compagnie détenue par son gendre, la Kindest Place, faisait de la surenchère rachetant les parts détenues dans F&N, entre autres, par la société Overseas Chinese Banking, parvenant à détenir progressivement jusqu’à 29% de F&N, soit un point de pourcentage de moins seulement que le seuil rendant obligatoire le lancement d'une offre sur l'ensemble des actions restantes. Il a franchi une nouvelle étape le 11 septembre en annonçant qu’il envisageait d’aller au-delà, avec l’aide d’un investisseur non identifié. « L’offre de ThaiBev de racheter F&N semble sérieuse et est prêt à entraîner un partenaire pour mettre la main sur la société », selon un analyste en stratégie de la société IG Markets de Singapour citée par le Sydney Morning Herald. « Mais les actionnaires ne sont peut-être pas prêts à donner leur confiance à une offre de la onzième heure faite avec un inconnu », poursuit l’analyste. Certaines sources expliquent que ThaiBev viserait en fait à provoquer une scission de F&N pour accaparer les sodas et l’immobilier du groupe, laissant les activités brassicoles à Heineken, mais en lui vendant au prix le plus fort. Cette initiative n’en contrarie pas moins les plans d’Heineken et le contraindra peut-être à revoir encore son offre.

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