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La bataille entre Heineken et le milliardaire Charoen Sirivadhanabhakdi, pour Asia Pacific Breweries (APB) se poursuit et son issue est incertaine. Les enchères montent en effet entre le brasseur hollandais et le propriétaire de Thai Bev pour prendre le contrôle de Fraser&Neaves. Cette société cotée à Singapour est le partenaire historique de Heineken (depuis 81 ans), ayant une joint-venture (50/50) détenant 64,8% des actions d’Asia Pacific Breweries, producteur de Tiger Beer, la bière leader sur les marchés d’Asie Pacifique. F&N détient également, en direct, 7,3% d’APB. Heineken en détient également directement 13,77% après avoir relevé sa participation fin août, ce qui lui donnerait le contrôle de 44,6% d’APB.
Fraser & Neaves au cœur du débat
Heineken souhaite être totalement maître chez APB et a lancé en juillet une première offre pour racheter la participation de F&N, de 5,3 milliards Singapour (4,25 milliards dollars US). Le milliardaire thaïlandais faisait alors de la surenchère, directement par sa société Thai Beverage Plc ou les filiales de celles-ci. Cela contraignait alors Heineken à revoir son offre et à proposer 5,6 milliards de dollars singapouriens pour écarter ce rival. En réponse, Thai Beverage a relevé sa participation dans Fraser and Neave (F&N) à 29%, soit juste en dessous du seuil qui déclencherait une OPA obligatoire. La direction de F&N dit soutenir les propositions de Heineken mais doit consulter ses autres actionnaires. Elle leur a adressé une lettre en ce sens le 4 septembre. La décision devrait intervenir dans le mois. F&N tente de convaincre ceux-ci en leur assurant que 84% des sommes de la vente leur serait redistribué, le solde servant à réduire l’endettement. Une majorité simple des votes suffit pour approuver la proposition de Heineken. Reste à savoir comment votera Thai Beverage fort de ses 29%. La position du brasseur japonais Kirin qui possède 14,7% des actions de F&N sera également déterminante.
En marge de cette bataille, Heineken a publié, le 22 août, pour le premier semestre un bénéfice net en hausse de 30% de 783 millions d’euros pour un chiffre d’affaires en progression de 4,5% à périmètre constant. Cette hausse du bénéfice s’explique notamment par un gain de 131 millions d’euros lié à la vente de parts minoritaires dans une brasserie en République dominicaine. Le groupe a également indiqué avoir enregistré une hausse de 3,3% de ses volumes à périmètre comparable et ce malgré « un environnement économique difficile et une météo défavorable » en Europe, selon le directeur exécutif du groupe, Jean-François van Boxmeer.
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