Face à un marché toujours en baisse, la filiale française du groupe néerlandais Heineken multiplie les efforts de relance. Il s’agit, selon Didier Debrosse, de « réinventer la catégorie bière » avec des produits à taux d’alcool réduit, et de redynamiser le circuit CHR.
Le marché français de la bière a accéléré sa baisse depuis le début de l’année, avec une diminution des volumes vendus de 8 %, s’ajoutant à la baisse de 6 % déjà constatée en 2004, a indiqué à la presse le p.-d.g. de Heineken France, Didier Debrosse, qui doit prendre prochainement la direction de la zone Europe de l’Ouest du groupe néerlandais.
Pour Heineken France, qui représente 33% du marché français, en seconde place derrière Kronenbourg, la perte de volume a été de 500 000 hl en 4 ans.
Face à ce déclin, la filiale du néerlandais Heineken a déjà annoncé en mars une restructuration de sa production française, avec la suppression de 204 emplois d’ici fin 2007 sur ses 5 900 collaborateurs en France.
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Pour relancer ou du moins stabiliser ses ventes en France, Heineken France lance de nouveaux produits moins alcoolisés, comme les bières aromatisées à trois degré d’alcool (moitié moins qu’une bière classique), pour séduire les femmes et les seniors, peu amateurs de bière.
Il lance aussi un plan de soutien des cafés doté de 15 millions d’euros par an : programme de formation des cafetiers, aides aux transactions de fonds de commerce, garanties d’emprunts et développement de nouveaux concepts comme des système de tirages pression.
En quatre ans, le volume de bière consommé en France est tombé à 19 millions d’hectolitres, en baisse de 1,5 million d’hectolitres. Le déclin est structurel : d’une part la bière souffre de la désaffection pour les boissons alcoolisées, d’autre part de la forte diminution du nombre des cafés-hôtels-restaurants (CHR), où se vendent 30 % des volumes de bière. En 10 ans, le nombre de CHR en France est passé de 200 000 à 160 000 soit 40 000 disparitions. Le secteur des CHR a représenté 12 % des faillites en 2004 et 10 000 emplois salariés disparus.