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Hélène Guido-Halphen, la nouvelle directrice de Savéol, veut faire avancer « un collectif »

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Nommée début avril à la direction générale de Savéol, Hélène Guido-Halphen, après avoir évolué pendant 20 ans dans le groupe Mars (marketing, commerce), puis InVivo (directrice marketing stratégique et innovation), a décidé de relever un nouveau défi au sein de la première coopérative française de tomates. Interview.

Après avoir passé plus de 20 ans dans des grands groupes, qu’est-ce qui vous a donné envie d’aller chez Savéol ?

La marque ! Parce que des coopératives qui ont une marque avec de la valeur, il y en a peu. Savéol a été précurseur en termes d’image de marque. Chaque année il y a du budget pour la communication. Aujourd’hui, investir dans l’intangible, c’est encore assez rare !

Ma décision de venir chez Savéol repose aussi sur la rencontre avec le président Pierre-Yves Jestin, avec qui je vais travailler en binôme, mais également sur mon envie de travailler dans une structure à taille humaine. Il y a 120 producteurs, une centaine de personnes dans l’équipe. Ça rend les relations fluides et sympathiques. D’ailleurs, je me suis engagée à aller une fois par semaine dans une serre, à la rencontre des producteurs. C’est vrai que ça prendra du temps, mais je tiens beaucoup à aller à la rencontre de la technique et surtout à la rencontre des hommes. Parce que c’est leur coopérative, ce sont eux qui ont mis en commun des moyens et qui souhaitent partager le développement, la recherche, la commercialisation…

Il n’y a pas beaucoup de femmes dirigeantes dans le milieu agricole, revendiquez-vous votre différence ?

Le nombre de femmes dirigeantes d’une coopérative, à mon avis, ça se compte sur les doigts d’une main ! Mais je pense que le fait d’être une femme a été un atout pour mon recrutement. Chez Savéol, l’équipe administrative est très féminine. Il y a une directrice commerciale, une directrice marketing, une directrice qualité… Et ça équilibre avec le conseil d’administration dans lequel il n’y a que des hommes !

Honnêtement, je suis fière d’être une femme dirigeante dans un milieu d’hommes…

Que souhaitez-vous apporter à Savéol ?

Je ne suis pas une révolutionnaire. Je compte bien me nourrir des racines, écouter la tradition, l’expérience des anciens… Je souhaite m’inscrire dans l’histoire de Savéol. Mais je sais aussi que le monde bouge, donc je compte accompagner Savéol à bouger aussi. Mais sans brutalité…

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Je suis fière d’être une femme dirigeante dans un milieu d’hommes

Je veux accompagner les producteurs de Savéol afin qu’ils soient compétitifs, mais dans leur segment. Nous ne sommes pas les moins chers, mais nous sommes très demandés. Parce que la qualité Savéol est superbe d'une façon homogène, et parce que Savéol innove tout le temps au niveau variétal et marketing.

Finalement, qu’est-ce qui vous permettra de dire que vous avez relevé votre défi chez Savéol ?

Lorsque j’étais plus jeune, c’était la performance en matière de part de marché qui m’intéressait. Aujourd’hui, je veux reprendre le chemin de l’opérationnel et être proche des équipes. J’estimerai que j’ai accompli ma mission si j’arrive à faire avancer un collectif, à faire avancer des hommes plus que des chiffres…

Attention à la confusion sur le bio !

Hélène Guido-Halphen déplore que la démarche responsable de Savéol (économie d’énergie, d’eau, pratiques propres de la gamme Savéol Nature) ne puissent pas être valorisée par le label bio car les tomates sont produites hors sol, tandis qu’à l’étranger, des productions cultivées en pleine terre dans des zones pas forcément « très bien dotées en réserves hydriques » et qui nécessitent de l'irrigation s’appellent « bio ». « Les gens croient alors que c’est beaucoup mieux… Il y a une véritable confusion, c’est dommage… », considère-t-elle.