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Herio veut valoriser le sel noirmoutrin

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Ancien cadre dirigeant dans le textile, François Rousseau, 34 ans, s’est reconverti en créant fin 2020 Herio, une marque haut de gamme de sel issu de Noirmoutier dont il souhaite valoriser la production et l’origine. Il vise 1 M€ de chiffre d’affaires d’ici à trois ans.

Après dix ans d’expérience comme cadre dirigeant (contrôleur de gestion, DAF et directeur Europe) dans plusieurs filiales du groupe textile Chargeurs, François Rousseau, diplômé de l’Essec aujourd’hui âgé de 34 ans, a eu envie de se reconvertir. Surtout il s’est rendu compte que le sel de Noirmoutier souffrait d’un déficit de notoriété en comparaison de celui de Guérande. « C’est étonnant, car les marais salants noirmoutrins sont exploités depuis un millénaire, soit deux fois plus anciens que ceux de Guérande qui sont pourtant beaucoup plus connus et, aujourd’hui, cinq fois plus importants en termes de production avec 15 000 tonnes de sel par an, contre 3 000 tonnes à Noirmoutier. Au-delà, le sel, qui est un produit culturel inscrit dans l’histoire depuis plus de 3 000 ans, cité dans la Bible et de nombreux ouvrages, est aujourd’hui connoté négativement, notamment pour des questions de santé. J’ai voulu donner au sel de Noirmoutier toutes ses lettres de noblesse en créant Herio, une marque haut de gamme qui raconte une histoire », explique-t-il.

Après deux ans de travail pour créer l’identité de marque et les packagings des boîtes de Herio (ancien nom de Noirmoutier), il se rapproche d’un couple de sauniers (Stéphane et Florence Burneau) qui travaille en fermage depuis vingt ans sur un marais salant appartenant à sa belle-famille, près de Luzéronde, au nord-ouest de l’ile. « Je leur achète le sel au même prix que celui qu’ils proposent déjà à leurs clients professionnels comme les producteurs de salaison, la grande distribution… », précise François Rousseau.

Affaire familiale

Commercialisée depuis décembre 2020, la marque Herio propose trois références de sel (gros, fin et fleur) en boîte (PVC respectifs : 5 € les 600 gr, 7 € les 250 gr et 9 € les 125 gr), autant de sacs de recharge et un moulin à sel artisanal. « J’ai commencé par la vente en ligne sur le site herio.fr et dans les épiceries fines, notamment chez Bellota-Bellota », détaille-t-il. Aujourd’hui, Herio se trouve dans seize épiceries fines et le but est d’atteindre soixante lieux de distribution d’ici à la fin de l’année et d’avoir une couverture nationale en 2023. François Rousseau a investi seul pour créer et lancer Herio (sans vouloir préciser de montant) et souhaite rester seul à bord, en sachant qu’il commence à remplir des dossiers de demande de subventions et qu’il prévoit d’investir 50 000 à 100 000 € (par endettement) pour financer son expansion d’ici un an, en sachant qu’un deuxième marais salant appartenant à ses beaux-parents pourrait être rénové et mis en fermage. « L’objectif est d’atteindre 1 M€ de chiffre d’affaires au bout de trois ans d’activité », conclut-il.