Relayant les demandes de Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy réclame à son tour davantage de régulation pour le secteur laitier qu’une conjoncture particulièrement défavorable et un avenir incertain, du fait de l’abandon programmé des quotas, ont plongé dans la crise. Le ministre français de l’agriculture n’a pas ménagé ses efforts ces derniers mois pour rassembler une coalition de vingt et un pays désireux de conduire une politique européenne mieux à même de tenir compte de tous les intérêts de la filière. A ce titre, l’aide directe à la trésorerie de 280 millions d’euros que la commissaire européenne Mariann Fischer Boel a accepté, du bout de lèvres, de verser aux producteurs de lait les plus en difficulté montre qu’il existe un subtil équilibre politique entre Bruxelles et les autres capitales. Mais la Commission n’en conserve pas moins la haute main sur les quelques instruments de soutien des marchés encore en place. Elle vient d’ailleurs de sèchement le rappeler en réduisant de façon abrupte les subventions à l’exportation sur le beurre et les poudres. Une décision qui a mis à rude épreuve la solidité du groupe des « 21 », seuls treize Etats membres s’étant montrés prêts à engager le fer avec Bruxelles. L’amélioration des marchés, qui reste néanmoins à confirmer, permettra peut-être d’atténuer les tensions sur le court terme. Mais, au vu des livraisons de lait en forte hausse dans certains Etats membres, en particulier en Allemagne, au Danemark et au Pays-Bas, une nouvelle Europe laitière est inéluctablement en train de se façonner, avec ou sans régulation.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.