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Hogan : le doute

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Pas question, bien entendu, de faire un procès d'intention à un nouvel arrivant. Néanmoins, les partisans d'une Pac solide, capable de soutenir les productions qui souffrent, s'interrogent déjà. Phil Hogan, le tout frais commissaire européen à l'agriculture, a ainsi été épinglé par Mairead McGuinness, membre de la commission compétente du Parlement européen, et irlandaise comme lui, pour s'être contenté d'affirmer que « nous ne sommes pas encore dans un cas de crise grave » devant les députés qui lui demandaient de faire plus pour le secteur laitier, sans attendre que la situation se dégrade encore. L'ex-ministre de l'environnement a également répondu froidement aux organisations professionnelles de l'UE qui demandent l'utilisation de fonds autres que ceux de la Pac pour les dispositions prises face à l'embargo russe. « La législation de l'Union prévoit que le coût des mesures de soutien est supporté par le Fonds agricole de garantie », leur a-t-il écrit en réponse à l'une de leurs lettres. Un eurodéputé français s'est plu, de son côté, à rappeler qu'aucun de ses compatriotes ne fait partie du cabinet Hogan. Selon lui, le commissaire européen « ne veut pas de régulateur autour de lui ». En revanche, Phil Hogan fait plaisir aux parlementaires et aux exploitants quand il s'engage à envisager une « simplification » des règles – son maître-mot –, en particulier pour le verdissement des paiements directs. Il obéit là à une directive générale de son patron, Jean-Claude Juncker, qui, pour le reste, ne semble pas faire de l'agriculture l'une de ses grandes préoccupations. « Big Phil », 1m96, voudra-t-il et réussira-t-il à s'imposer au sein du nouvel exécutif européen ? À voir.

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