Lors de la prochaine réunion des ministres de l’agriculture des Vingt-huit, le 27 juin à Luxembourg, la délégation britannique pourrait avoir du mal à se concentrer. Car il n’est pas exclu que, quatre jours avant, leurs compatriotes se soient mis eux-mêmes hors de l’Union lors du référendum sur le Brexit. Et excluent par là même leur agriculture d’une politique commune souvent décriée, qui lui octroie tout de même chaque année un soutien de quelque 3,7 Mrd €. Au Grand-Duché, les représentants de Londres n’auront au demeurant sans doute pas grand-chose à entendre du commissaire européen Phil Hogan qui semble toujours aussi peu disposé à faire plus pour les secteurs en crise, et se maintient ainsi en position de hors-jeu dans ce dossier. Les chefs d’État et de gouvernement devraient toutefois le rappeler à l’ordre lors de leur sommet de la fin du mois, du moins si un éventuel Brexit ne les paralyse pas totalement. Ils pourraient, selon un projet de conclusions, « exhorter la Commission à adopter instamment des mesures supplémentaires pour améliorer la situation des agriculteurs, y compris l’allocation des ressources financières nécessaires ». Quant au sort qui attendrait un Royaume-Uni séparé de l’UE, il s’annonce semé d’embûches. Car, comme vient de le redire la chancelière allemande Angela Merkel, l’ex-État membre deviendrait alors « un pays tiers » obligé de négocier longuement avec le bloc des Vingt-sept pour tenter de sauvegarder ses échanges commerciaux avec le continent et les autres pays tiers. Un match plutôt déséquilibré.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.