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Huit questions sur l’évolution des revenus en 2008

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1. Comment ont évolué les subventions agricoles ?

Il y a deux types de subventions. Une catégorie dite de « subventions sur les produits », qui concerne les aides couplées aux produits (2,6 milliards d’euros). Elles augmentent de 2,4 % surtout en raison des aides aux grandes cultures mais aussi en raison de la prime au maintien de la vache allaitante, les troupeaux s’étant accrus. Il y a ensuite les aides aux exploitations qui comprennent toutes les aides à l’entreprise elle-même, découplées du niveau de sa production. Elles représentent un volume stable, de l’ordre de 7,3 milliards d’euros. Elles comprennent les bonifications d’intérêts qui ont été réduits de 26 %.

2. Qui a subi la plus forte hausse des charges ?

Ce sont les producteurs de lait, avec une progression globale de la facture (volume multiplié par le prix) de 19 %, constituée surtout du paiement des aliments du bétail ; viennent ensuite les céréaliers et producteurs d’oléoprotéagineux (+18%) puis la quasi-totalité des filières pour lesquelles la hausse de la valeur des charges est située entre 13 % et 15 %.

3. Quels sont les intrants dont le prix a le plus augmenté ?

Il s’agit des engrais, dont la hausse de prix a été de 26 % en 2008. Puis viennent l’énergie et les lubrifiants (19,5 %), les aliments pour animaux (15 %), les semences et plants (6 %) et enfin les produits phytosanitaires (2,5 %).

4. Les agriculteurs se sont-ils plus endettés ?

L’encours des prêts augmente de 2,6 %, principalement sur des prêts non bonifiés. Compte tenu de la croissance de la part de ceux-ci, et malgré la baisse des taux d’intérêt, les intérêts moyens payés par les agriculteurs ont légèrement augmenté et se situent à 4,58 % en 2008 contre 4,55 % en 2007.

5. Comment ont évolué les salaires payés par les exploitations ?

Globalement, la masse des salaires payés par les exploitants agricoles progresse de 0,6 % et atteint 6,6 milliards d’euros. Si la valeur du salaire horaire a légèrement progressé, le volume de travail salarié a diminué.

6. Tous les prix ont-ils baissé ?

Non. En fait, la moyenne des prix agricoles est en hausse de 0,8 %. Les évolutions sont très contrastées, notent les statisticiens. Ceux des céréales, des oléagineux et protéagineux chutent fortement. En revanche, les prix des pommes de terre sont en hausse, ceux des vins aussi. Les prix des porcs et des volailles augmentent tandis que les prix du lait sont en forte hausse au premier semestre pour baisser ensuite.

7. Que constate-t-on sur le long terme ?

Entre la période 1991 et celle de 2007, les agriculteurs auront eu, hors inflation, une petite croissance de revenu, estimée à 1,9 %. Les plus fortes hausses concernent les grandes cultures (3,5 %), suivis par les producteurs de bovins, lait ou viande (2 %). Tandis que le revenu de la viticulture stagne, de même que celui de l’arboriculture, celui du hors sol est en baisse de 2 %.

8. Les comptes de l’agriculture sont-ils fiables ?

Dans l’ensemble, oui, pour les grandes tendances et pour les denrées qui sont produites et vendues dans l’année. Le principe général des comptes de l’agriculture est de combiner la production d’une année avec les prix de marché de la même année. Cela convient bien aux grandes cultures, sous réserve qu’il peut y avoir des ventes décalées sur l’année civile ultérieure. Cela convient aussi à l’élevage. En revanche, cela convient mal au vin dont la production d’une année peut être vendue sur deux, trois années ultérieures voire plus pour les AOC. En décembre, le ministère de l’Agriculture publie des statistiques « prévisionnelles », revues en statistiques « provisoires » en juin de l’année suivante. Elles ne deviennent « définitives » que plusieurs mois après.