Fondée en 1976, sous le nom de Ligue ROC, l’association Humanité et Biodiversité est, à l’origine, une organisation de lutte contre certaines pratiques de chasse, au nom de la protection des animaux. Elle change de nom en 2012, pour illustrer l’évolution de son plaidoyer, qui s’élargit désormais à la « prise en compte plus large des enjeux » de la biodiversité. Petite en nombre d’adhérents (2 050 membres en 2018), elle exerce davantage son influence auprès des décideurs politiques et économiques qu’à destination du grand public, qui la connaît peu. « Nous travaillons régulièrement avec cette association », confirme ainsi le ministère de l’Agriculture.
« Nous essayons de convaincre à tous les niveaux des pouvoirs de décision, et ceci en privilégiant le dialogue par rapport à des pressions externes médiatisées », explique Sandrine Pouillet, responsable administratif et financier de l’association. Humanité et Biodiversité se fait le chantre d’une écologie scientifique, qu’elle illustre en portant à sa tête des chercheurs reconnus et dotés d’une légitimité incontestée. C’est le cas de l’un de ses fondateurs, Théodore Monod, célèbre biologiste et explorateur, spécialiste du Sahara, mais aussi Hubert Reeves, président entre 2001 et 2017, ainsi que Bernard Chevassus-au-Louis qui lui a succédé.
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Le positionnement scientifique de l’association plaît au monde agricole. « On a un dialogue plus facile avec cette association qu’avec certaines autres plus dogmatiques. Leur approche basée sur la science rend les discussions plutôt constructives », indique ainsi Thierry Coué, référent environnement à la FNSEA. Le syndicat majoritaire et l’association se rejoignent même parfois sur leurs revendications, notamment sur les paiements pour services environnementaux. Humanité et Biodiversité fait parti du réseau France Nature Environnement. Elle a eu un rôle majeur dans la création de l’Agence française de la Biodiversité, en 2016.