Jacques Attali vient de remettre au Président de la république un rapport au titre évocateur : « Construire le monde positif que nous voulons. Pour les générations futures à l’horizon 2030 ». Il y est beaucoup question d’agriculture, de biodiversité, de développement durable, de réglementation des marchés de matières premières, etc. À première vue, le monde agricole devrait être intéressé par l’idée qu’un rapport officiel accorde une telle place aux problématiques agricoles et rurales. Ce n’est pas si souvent le cas. La satisfaction est de courte durée cependant. Jacques Attali met à sa propre sauce des notions devenues bien classiques et dont on connaît les limites si on est sensible aux enjeux de l’alimentation de la planète : agriculture familiale, réduction des pesticides, produits bio, impact environnemental, etc. Jacques Attali évoque évidemment l’agroécologie cher à Stéphane Le Foll.
On aurait attendu des idées un peu plus audacieuses et originales de la part de Jacques Attali, surtout en se projetant vers 2030. Certes, il y a un court chapitre sur le big data et ses retombées en agriculture ; mais quid des biotechnologies au-delà des OGM ? Quid des nanotechnologies appliquées à l’agriculture ? Quid de ce qu’on peut attendre des capteurs de toutes sortes qui permettent de suivre de près la santé d’un animal ou les attaques de nuisibles sur un m2 de champ de blé ?
Il n’empêche, les responsables agricoles doivent s’intéresser à ce rapport car il correspond aux idées principales qu’un Parisien, conseiller politique influant, peut se faire de l’avenir de l’agriculture. Vision un peu romantique, à la mode, confortant pas mal de politiques dans leurs idées toutes faites, mais ne trouvant pas beaucoup de solutions au problème d’une agriculture qui doit produire beaucoup plus et beaucoup mieux.
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