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Edito Identité nationale

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Dans le débat hélas trop exclusivement politique, qui s’est engagé sur l’identité nationale, tous les commentateurs omettent de dire une chose : la France s’est construite sur un brassage de populations et notamment de populations d’origine agricole et rurale devenues citadines. Naguère, il n’était pas difficile, pour chacun, de se reconnaître des oncles ou des grands-parents agriculteurs. La France industrielle et citadine s’est construite sur l’emploi de milliers de personnes quittant les champs et les prés pour entrer dans les usines et les villes. Les agriculteurs ont aussi nourri les cohortes militaires lancées au XIXe siècle à travers l’Europe ou figées, au XXe siècle, sur le territoire, pour tenter de le défendre.
À force de concentrer le débat sur les communautés immigrées, ses promoteurs oublient l’énorme contribution des populations rurales. Et, aussi, ils n’évoquent qu’une partie d’un débat qui devrait légitimement se porter sur d’autres aspects : à l’heure des élections régionales, par exemple, on pourrait évoquer le lien entre identité régionale et identité nationale ; et, surtout, la question principale de demain n’est-elle pas celle de l’identité européenne ? Et là encore, les paysans y ont leur part : la politique agricole est, on le sait bien, presque la seule politique intégrée de l’Europe.
De fait, les paysans ont su montrer au pays, depuis plusieurs siècles, un exemple d’assimilation constitutive de sa modernité ; la France en a gardé des traces. Au moment de débattre de l’identité nationale, alors même qu’on démantèle bon nombre d’outils de politique agricole, on pourrait aussi s’en souvenir.

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