Abonné

IFPEN : pérenniser les biocarburants en période de prix bas du pétrole

- - 4 min

L’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFPEN) a passé en revue plusieurs conditions qui devront être réunies pour assurer la pérennité des filières de biocarburants en période de prix bas du pétrole, dans un document de cinq pages diffusé le 30 septembre.  Par exemple, l’augmentation des prix des énergies fossiles et la taxation du CO2 dans le secteur des transports.

Pour assurer une pérennité des filières biocarburants à long terme, différentes conditions devront être réunies comme « l’augmentation des prix des énergies fossiles, la taxation du CO2, la mise en place de leviers politiques avec notamment le déploiement d’objectifs post 2020 ». Ces objectifs peuvent être le niveau d’incorporation d’éthanol et de biodiesel, les seuils de réduction des gaz à effet de serre, l’augmentation des grades de mélange (l’E20 notamment c’est-à-dire l’éthanol à 20% dans l’essence, cite l’IFPEN). Malgré la déprime des cours du baril, « les obligations d’incorporation continuent de progresser », note l’institut.

Premières unités commerciales d’éthanol lignocellulosiques : concurrence internationale

Par ailleurs, « le développement des nouvelles filières nécessitera sans doute également des aides à l’investissement ». Les biocarburants de première génération, c'est-à-dire mobilisant des ressources alimentaires, auront des perspectives limitées, sauf la production d'éthanol de betterave, qui pourrait évoluer à la hausse avec la suppression des quotas sucriers en 2017. Ils ne bénéficieront plus d’aides fiscales en 2020 et seront plafonnés à un maximum de 7% d’incorporation dans le mix énergétique du secteur, selon l'IFPEN. En revanche, les filières lignocellulosiques quant à elles, mobilisant de la ressource forestière (taillis à courte rotation), agricole (miscanthus, switchgrass, etc.) ou industrielle de type résidus (pailles, rémanents forestiers, liqueurs noires de papeterie) bénéficieront probablement d'incitations fiscales, évoque l'institut. D’autant plus que la concurrence internationale est impitoyable : les premières unités commerciales d’éthanol lignocellulosiques ont vu le jour fin 2013, puis courant 2014, aux États-Unis, au Brésil, en Europe puis en Chine, rappelle l’institut. On compte aujourd’hui une dizaine d’unités commerciales d’éthanol « 2G » (de seconde génération) dans le monde, dont cinq aux États-Unis, deux au Brésil et en Chine, et une en Europe et au Canada. Les États-Unis, la Chine, le Canada et l’Europe « disposent également de nombreux projets démonstrateurs en cours de développement », conclut l’IFPEN.

On compte aujourd’hui une dizaine d’unités commerciales d’éthanol « 2G » (de seconde génération) dans le monde

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

gaz à effet de serre
Suivi
Suivre
biodiesel
Suivi
Suivre

Éthanol: professionnels et pouvoirs publics s'engagent à diffuser l'information sur l'E10

Les professionnels concernés par l'éthanol et pouvoirs publics ont signé le 30 septembre au Mondial de l'automobile, la veille de son ouverture, une charte dans laquelle ils s'engagent à diffuser auprès des automobilistes l'information sur l'E10, l'essence contenant 10% d'éthanol. En effet, si maintenant toutes les voitures à essence neuves peuvent rouler à l’E10, beaucoup d’automobilistes ne le savent pas ou bien en doutent, a expliqué Bruno Hot, président du Syndicat des producteurs d’alcool agricole (SNPAA) sur le stand de la collective du bioéthanol.

Les professionnels sont incités à informer les clients de la compatibilité de leurs véhicules à essence avec l’E10. Les signataires de cette charte sont les organisations de producteurs de céréales (AGPB, AGPM) et betteraves (CGB), des industriels de l'éthanol (SNPAA), les pétroliers, les constructeurs automobiles, enseignes de distribution (Auchan Carburant, Super U, Géant Casino, etc.), les organisations telles le Conseil national des professions de l’automobile, etc. Les pouvoirs publics sont représentés par les ministères de l'Environnement, de l'Agriculture, par le secrétariat d’État à l'Industrie.