Faut-il manger moins de viande pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre liées à l’élevage ? Quelle que soit la réponse, « il est très compliqué d’inciter les gens à ne pas manger certains produits », remarquait Marco Herrero, chercheur à l’institut international de recherche sur l’élevage de Nairobi lors d’un débat organisé par le Cirad au Salon de l’agriculture. Pousser les humains, en particulier dans les pays développés, à réduire leur consommation de produits issus de l’élevage était l’une des pistes évoquées par le chercheur pour réduire la contribution de l’élevage au réchauffement climatique. Mais il n’est pas certain qu’on sache comment faire. Les politiques s’avèrent trop grossières pour orienter la consommation. Instaurer des taxes ou rendre les produits animaux plus chers a ses limites: cela pénalise les plus pauvres et ne réduit pas les consommations de ceux qui peuvent passer outre le critère du prix. « Les Kenyans par exemple consomment beaucoup de maïs. Même si on leur explique les conséquences de cette culture pour leur environnement, la demande ne diminue pas et les agriculteurs continuent d’en planter. » Pour autant, nuance-t-il, « ce qu’on peut faire, c’est de l’éducation dès le plus jeune âge ». Il évoquait par ailleurs un ensemble de leviers pour réduire les émissions de gaz liées à l’élevage, et soulignait le potentiel de réduction significatif que représente l’ensemble de ces pistes : favoriser la séquestration du CO2 dans le sol des prairies, moduler la ration alimentaire, privilégier les monogastriques…
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