Dans le conflit sur le prix du lait qui oppose le groupe Entremont et les producteurs, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, prenant le parti des agriculteurs, a qualifié la décision d’Entremont d’« extrêmement grave ». Il y a « un danger majeur », affirme le leader syndical : d’autres entreprises vont « emboîter le pas », prévient Jean-Michel Lemétayer qui en appellait au ministre de l’Agriculture Michel Barnier. Le leader syndical espérait aussi que le gouvernement allait revenir sur la décision de la DGCCRF qui a coupé l’herbe sous le pied de l’interprofession laitière en lui interdisant d’émettre des recommandations nationales sur le prix du lait depuis juin. Un enjeu majeur en cette rentrée syndicale pour la « grande maison ».
l y a péril en la demeure. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, ne mâche pas ses mots à l’occasion de sa rentrée syndicale. Qualifiant la décision d’Entremont concernant le prix du lait payé à ses producteurs d’ « extrêmement grave », il craint que d’autres entreprises « emboîtent le pas » en ne respectant plus les tendances d’évolution du prix établies par l’interprofession laitière qui ne sont plus « officielles ». Ce confit local a donc une résonance nationale pour le syndicaliste. C’est le pouvoir de l’interprofession nationale qui est en jeu.
Même si la DGCCRF (répression des fraudes) a sommé l’interprofession laitière de ne plus émettre de recommandation nationale, il n’est pas envisageable que le prix du lait ne soit défini que par les seules variations des cours du beurre et de la poudre, explique le leader syndical. D’autant que l’interprofession laitière dans les derniers accords sur le prix du lait s’est attachée à prendre en compte de nombreux paramètres dont le « mixte-produit » et même la situation particulière de certaines entreprises.
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« Démolir l’interprofession »
En clair, si on ne sort pas du conflit avec Entremont par le « haut », c’est « tout le schéma de l’interprofession laitière mis en place depuis 1997 (année du premier accord sur le prix du lait : ndlr) qui s’écroule », prévenait le 26 août, le président de la FNSEA, ancien président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait). Le risque est bien de « démolir tout le travail de l’interprofession », estime Jean-Michel Lemétayer qui en appellait au ministre de l’Agriculture, Michel Barnier. « Il faut que le ministre réunisse l’interprofession pour réfléchir à la manière dont demain les producteurs seront traités », a annoncé le président de la FNSEA. « On ne peut pas imaginer, poursuit-il, qu’un producteur livre tous les deux jours à sa laiterie sans savoir avec quelle référence de prix ». Pour le président de la FNSEA, l’accord sur le prix du lait payé aux producteurs ne constituait pas une « entrave » à la concurrence. « On parle du prix de base », rappelle-t-il en citant l’exemple des céréaliers qui ne sont pas concurrents entre eux. « Ils sont payés au prix du quintal rendu Rouen », s’est-il exclamé.
Le président de la FNSEA qui « soutenait très clairement les actions syndicales des éleveurs bretons » avant le règlement du conflit ne manque pas de rappeler que si « les adhérents d’Olivier Picot, président d’Atla (transformation laitière) étaient fidèles », ils n’iraient pas s’engouffrer dans la brèche ouverte pas la DGCCF. Une manière pour le syndicaliste de renvoyer chacun à ses responsabilités.