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Filières alimentaires/Conjoncture « Il faut anticiper les crises industrielles bien en amont », selon le président de Coop de France

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L’envolée des prix des matières premières a été au cœur de la conférence de presse de Coop de France, car la situation devient extrêmement tendue tant en France qu’au niveau mondial. Cette « volatilité erratique des cours qui est là pour durer, en raison du fragile équilibre entre l’offre et la demande, génère des difficultés exacerbées pour l’élevage et tout le secteur de la première transformation », a mis en garde Philippe Mangin. Il ne cache pas sa grande inquiétude pour l’avenir de la filière des viandes blanches ou rouges. Le cas de Doux en est une bonne illustration. Le président de Coop de France, très réservé, voire sceptique, quant aux solutions apportées pour l’heure au dossier, a estimé que l’initiative d’une offre coordonnée – privée, coopérative – aura eu le mérite de faire germer parmi les participants « l’envie de créer une cellule de veille et d’anticipation de ce type de dossiers, bien en amont ».

Aucun acheteur seul n’aurait pu se porter acquéreur du groupe volailler vu l’ampleur des difficultés auquel celui-ci devait faire face, fait valoir Philippe Mangin. Industriels coopérateurs ou privés, fédérés autour de Sofiprotéol, ont « proposé une construction unique avec des acteurs parfois concurrents qui ont pu présenter une offre améliorante, la moins mauvaise pour la filière et qui prenait en compte le sort des éleveurs ». Les participants « sont tombés du placard à l’annonce de la décision du tribunal de commerce, le 1er août, qui a prononcé la liquidation du pôle frais et laissé la main à Charles Doux sur les activités vers l’export et les produits élaborés. Un tribunal de commerce n’a pas les compétences pour traiter une affaire de cette ampleur », a-t-il ajouté, indiquant « s’associer aux propos de Xavier Beulin », sans faire injure à Quimper, lui qui est originaire de Verdun. « Je pense que Charles Doux a tout fait pour que la faillite de son groupe ne soit pas traitée au plan national, à Bercy », a-t-il regretté. Les coopératives se sont retirées du dossier des produits frais, « car il ne leur a pas paru sérieux de faire une offre pour ce seul pôle frais ». « Comment peut-on faire vivre des marques de produits élaborés sans le pôle frais », a précisé Michel Prugue, trésorier de Coop de France, mais aussi président du groupe coopératif Maïsadour et de la Confédération française de l’aviculture.
 
Une mission pour Accoa
Coop de France reste toujours mobilisé concernant les prochaines échéances du dossier. Fin novembre, le tribunal de commerce devrait prendre de nouvelles décisions concernant cette fois les pôles produits élaborés et pôle export du groupe, dont la période d’observation, liée au redressement judiciaire, prendra fin. D’ici là interviendra l’échéance du 30 septembre pour régler les éleveurs. Pour le pôle frais, « la messe est dite », regrette Michel Prugue, « avec tous les dégâts que l’on connaît ». Il veut toutefois aller de l’avant, en renforçant l’existant car la France, malgré ses faiblesses liées à ses surcapacités, ne doit pas perdre sa capacité exportatrice et faire valoir son savoir-faire, tant pour les éleveurs que les fabricants d’aliment. Une conviction que relaie Philippe Mangin pour qui le dossier Doux aura « suscité l’envie de créer une structure de veille stratégique et d’anticipation pour travailler sur les prochains dossiers qui pourraient apparaître, notamment dans la filière animale ». Cette mission pourrait être confiée à Accoa, structure commune entre Coop de France et In Vivo.

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