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Jeunes agriculteurs Il faut faire « un bilan de santé de l’agriculture en France »

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Dans un contexte économique « morose » pour les filières agricoles, il est nécessaire de « faire un bilan de santé de l’agriculture française » pour connaître clairement son état, a expliqué William Villeneuve, le président des Jeunes Agriculteurs (JA), le 3 septembre. Alors que les nouveaux installés sont particulièrement touchés par la mauvaise conjoncture économique, le responsable syndical demande une « année blanche » au niveau des remboursements d’emprunts et des charges. Les JA s’inscrivent dans l’appel à la mobilisation lancé par la FNSEA pour la fin octobre.

«Nous ne voulons pas être les mineurs du XXIe siècle », a lancé William Villeneuve, le président des JA (Jeunes Agriculteurs), le 3 septembre. Face à un « climat de filières morose » et son fort impact sur les jeunes « sans bas de laine pour tenir », les JA demandent au gouvernement de faire « un bilan de santé de l’agriculture française ». Conjointement à cette étude qui doit être engagée rapidement, le syndicat demande au gouvernement « une année blanche » au niveau des remboursements d’emprunts et des charges.
un plan de relance
« Aujourd’hui les paysans ne doivent pas seulement courber le dos mais aussi courir vite pour échapper à leur créancier », ajoute le président. « De plus en plus, on nous informe de cas de jeunes agriculteurs dans l’impasse, incapables de tenir leurs prévisions économiques et obligés de rembourser leur DJA (dotation jeune agriculteur) », souligne Jérôme Volle, vice-président des JA. « Il faut un plan de relance pour l’agriculture », ajoute-t-il. Le gouvernement l’a fait pour l’automobile, pourquoi pas pour nous ?, s’interrogent les syndicalistes. « Il faut que le gouvernement définisse quelle place il souhaite donner à l’agriculture en France, ajoute Jérôme Volle. Si c’est juste pour faire du chiffre pour le secteur agroalimentaire français, cela ne nous suffit pas ».
« un non-sens économique »
Aujourd’hui, pour avoir un prix rémunérateur, il faut souhaiter du malheur aux pays voisins comme une sécheresse ou un incident climatique, explique William Villeneuve. « L’agriculture n’est pas adaptée à la loi du marché », ajoute-t-il. Pour preuve, la crise laitière. Les JA sont opposés au principe de la grève du lait : « Elle est l’ultime outil syndical », analyse Bruno Ledru, trésorier. « J’ai peur du résultat en termes de conséquences pour les producteurs. Il faut être certain que cela marche quand on lance un tel mouvement », confie-t-il. Or, rien n’est moins sûr d’autant que les producteurs français ne sont pas les plus mal payés en Europe. « Qu’est ce que cela aurait coûté de diminuer le quota au niveau de l’Europe dans un contexte de surproduction ? Rien », répond Bruno Ledru. Avec la Commission européenne, on « marche sur la tête ». Nous sommes en « plein non-sens économique », résume-t-il. Bruno Ledru plaide pour la contractualisation dans la filière même s’il « n’est pas d’accord » avec le projet de contrat proposé de la FNCL. « Évidemment, les 400 euros/1000 litres promis par les artisans de la grève font rêver sur le terrain, explique un William Villeneuve pragmatique. Mais, je ne peux pas me permettre de dire ce genre de chose à ma base car, il ne faut pas se raconter d’histoire, mon seul levier syndical ce sont les charges ». Les Jeunes Agriculteurs espèrent que la loi de modernisation de l’agriculture ne sera pas une « loi de marchandisation » du secteur agricole. Ils attendent des mesures concrètes notamment pour l’installation et l’organisation des producteurs.

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