Polémique autour de la production bovine lors de l’assemblée générale du Sniv le 27 septembre. « Il faut maintenir la production bovine française », ont clamé certains, quand d’autres comme Rainer Nagel, de la Commission européenne, se félicitait de la baisse du cheptel communautaire. Le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, a tenu à rassurer les producteurs. Il entend rester « vigilant » à l’OMC et rappeler à l’ordre la Commission européenne, pour ne pas voir augmenter les importations.
« Il faut stimuler la production ! », ont clamé les représentants de la production bovine. A la fois pour maintenir l’activité des industriels et pour éviter la hausse des importations du Brésil. « Il y a une vraie opportunité pour les éleveurs français à maintenir la production de viande bovine », déclarait Jean-Marie Aurand, directeur de la Direction des politiques économiques et internationales (DPEI), lors de l’assemblée générale du Syndicat national de l’industrie des viandes (Sniv) à Paris, le 27 septembre. « Il faut redonner confiance aux agriculteurs pour qu’ils investissent, d’où l’importance d’assurer des débouchés durables et d’innover», indiquait de son côté, Alain Loustanau, président du directoire de Socopa International.
Des importations toujours en hausse
Mais, du côté de Bruxelles, on ne semble pas du même avis. « Nous sommes satisfaits de la baisse de la production européenne et d’avoir pu réduire les stocks à l’intervention», déclarait Rainer Nagel, responsable du secteur de la viande à la Commission européenne. « Il ne faut pas privilégier les importations pour approvisionner le marché», répondait vivement Jean-Marie Aurand. Mais, c’est pourtant bien ce qui risque de se passer, si l’on en croît Rainer Nagel : « On ne peut pas empêcher l’augmentation des importations de viande bovine, la hausse est inévitable ». Depuis 2003, l’Union européenne n’est plus autosuffisante en viande bovine. Ce phénomène se confirmant, la hausse des importations devrait s’accentuer, selon la Commission. « Elles devraient progresser de 560 000 tonnes à 630 000 tonnes d’ici 2012, pour passer de 10 % des besoins européens aujourd’hui, à 14 %», précise Rainer Nagel. « Il faut redynamiser la consommation », proposent de leurs côté les industriels du Sniv, pour relancer la production et assurer leurs activités. Selon l’Ofival, entre 1980 et 2004, la consommation des ménages français a chuté de 20 % en viande bovine. Pour Jean-Claude Guesdon, de l’Institut de l’élevage, « la diminution de la production est en large partie responsable de la baisse de la consommation observée ». Le Sniv planche par ailleurs sur le renouvellement du rayon viandes en grande surface, considéré par les consommateurs comme un frein à la consommation, car trop « blanc et froid, avec des ruptures fréquentes et ne suscitant pas d’achats d’impulsion ».
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Vigilance avant le sommet de Hong-Kong
« Pas question d’accroître l’accès au marché » et donc de faciliter l’entrée des importations de viande bovine, alertent les producteurs français. « La France est extrêmement vigilante sur les négociations de l’OMC» déclarait pour sa part Jean-Marie Aurand. « La position récente de la Commission est inacceptable. C’est faire preuve d’un grand manque de sagesse » lançait de son côté Denis Sibille, président de l’interprofession bovine, Interbev. « Les choses ne vont pas. La France réaffirmera ses lignes rouges», a conclu de son côté le ministre de l’agriculture, Dominique Bussereau, à l’issue de l’assemblée générale. « La rencontre avec la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, le 30 septembre sera l’occasion de renouveler le fondement du mandat confié ; les représentants européens ne doivent pas sortir des clous de la réforme de la Pac », a-t-il affirmé.