Premier collecteur privé français de céréales, avec un chiffre d'affaires de près de 5 milliards d'euros, le groupe Soufflet a amorcé en 2011 une démarche de désintermédiation qui l'a déjà conduit à réaliser deux placements privés européens.
Quels sont les besoins de financement de Soufflet ?
Nos besoins de financement sont de deux ordres. Il y a des besoins à long terme, liés à nos investissements car le groupe est l'un des grands acteurs du marché mondial du malt et l'un des tout premiers meuniers européens : nous détenons 42 usines en Europe, Asie et Amérique du sud. Par ailleurs, nous avons d'importants besoins de financements à court terme, qui correspondent à nos stocks de céréales. Ces derniers fluctuent entre 50 millions d'euros au plus bas et 700 millions, lorsque stocks et cours sont au plus haut.
Quels sont les modes de financement du groupe ?
Jusqu'à récemment, nous avions deux principales sources de financement : 80% de nos besoins étaient assurés par les banques commerciales et 20% par des institutions internationales comme la Banque Mondiale ou la BERD, qui financent nos investissements dans les Pays de l'Est ou émergents… En 2011, nous avons pris la décision de diversifier nos sources de financement à moyen et long termes : avec une réglementation qui devient de plus en plus en plus restrictive du côté bancaire et de plus en plus ouverte du côté des assureurs, il est logique de se tourner directement vers ces derniers, à travers des financements désintermé-diés. Nous nous sommes fixé l'objectif d'un encours non bancaire de 500 millions d'euros en 2017, sur un total de lignes de financements d'environ 1,8 milliard d'euros. De même que nous avons aujourd'hui un « pool » de banques qui nous sont fidèles, nous espérons développer des relations suivies et de confiance avec une dizaine ou une douzaine d'investisseurs institutionnels susceptibles de nous suivre – éventuellement – dans d'autres types d'opérations, comme des émissions obligataires publiques ou même des augmentations de capital…
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Nous avons regardé du côté des placements privés américains mais, pour entrer sur ce marché, il faut une information financière aux normes comptables internationales dites « IFRS » et, pour le moment, nous publions nos comptes selon les normes françaises. Par ailleurs, si les placements privés allemands peuvent présenter des atouts, nous ne sommes que peu présents sur ce marché, ce qui ne constituait pas un facteur « favorable ». En décembre 2012, nous nous sommes donc tournés, avec enthousiasme, vers le nouveau marché du placement privé européen, dit « euro PP ». Nous y avons d'abord levé 120 millions d'euros, en deux tranches, émises entre fin 2012 et début 2013, sous la forme d'un emprunt obligataire coté au Luxembourg. En mars 2014, nous avons fait une nouvelle opération de 60 millions d'euros, en trois tranches d'échéances différentes. Nous avons alors choisi la formule d'un « prêt euro PP », qui assure la confidentialité des informations financières données aux investisseurs, car nous préparions des opérations stratégiques sur lesquelles nous ne souhaitions pas communiquer.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Avant ces récents « Euro PP », le groupe Soufflet n'avait jamais émis d'obligation, ni réalisé de placement privé, ni même été directement en contact avec des investisseurs. C'est donc un changement important pour nous. Aujourd'hui, le marché de « l'euro PP » est très liquide et nos besoins de financements ne sont pas très importants mais nous préparons l'avenir, dans une démarche préventive. En outre, il faut pouvoir faire jouer la concurrence entre les sources de financement, notamment en termes de durée : quand un banquier prête à 5 ou 7 ans, c'est le maximum alors que nous espérons que les euro PP pourront évoluer vers des financements à 10 voire à 12 ans. L'idée est de construire un « track record » sur le marché obligataire. Nous avons en parallèle initié une démarche de notation : nous n'en sommes encore qu'à la phase de la « notation confidentielle », mais c'est une première étape vers une notation publique qui permettrait une entrée sur le marché obligataire classique.
AGROFINANCE, LE RENDEZ-VOUS INDISPENSABLE POUR LE FINANCEMENT DE L'ENTREPRISE AGROALIMENTAIRE
Les ingénieurs agronomes du Groupe Agrofood et Agra Alimentation organisent le 25 novembre 2014 à Paris la 11e édition du colloque biennal Agrofinance. Dans un contexte mondial en pleine évolution, les Industries agroalimentaires gardent leurs atouts pour assurer un développement pérenne. L'agroalimentaire français, 1er employeur et 1er exportateur de France, compte des leaders mondiaux dans des domaines stratégiques tout autant que des PME qui ne demandent qu'à se développer. Face aux besoins de l'industrie agroalimentaire française, de nouveaux modes de financement se mettent en place. Le rendez-vous Agrofinance aura lieu sur le thème : « La créativité au service du financement de l'agroalimentaire ». Figurent déjà parmi les participants aux tables rondes : Olivier Casanova (DAF Tereos) ; Luc Darbonne (Darégal) ; J. Ph. Girard (Ania, Eurogerm) ; Ph. Du Mesnil (Ceva) ; Fatine Layt (Oddo) ; Thierry Simon (CACIB) ; Jean-Philippe Puig (Sofi-protéol) ; Christian Couilleau (Even) ; Bert Van de Vaart (SEAF). Christophe Tournier directeur executif de CMCIC Capital Finance ; Thierry Goubault (p.-d.g. Charles et Alice).
Information et inscription : www.agrofinance.fr