La crise économique qui a déstabilisé la quasi-totalité des filières démontre bien que la seule fonction de production ne suffit plus. C’est le constat qu’a fait la Saf (Société des agriculteurs de France) à l’occasion des Entretiens de la rue d’Athènes du 21 janvier consacrés à « la place de l’agriculture européenne » dans le monde dans la perspective du défi alimentaire.
Laurent Klein, le président de la Saf, a inventé un nouveau mot : « Alimenteur ». L’agriculteur n’est plus seulement un producteur mais un « alimenteur » c’est-à-dire celui qui nourrit, qui assure l’alimentation régulière d’une chaîne, a-t-il expliqué le 21 janvier à l’occasion des Entretiens de la rue d’Athènes. « Ce rôle d’alimenteur implique de fait, pour les chefs d’entreprise agricole, d’être à l’écoute de leurs clients, qu’ils soient industriels, distributeurs ou consommateurs », ajoute-t-il. Ce rôle d’alimenteur doit être reconnu par le marché, par les industries agroalimentaires et pris en compte dans les futures politiques publiques ». Celles-ci devront intégrer cette nouvelle dimension qui implique d’avoir des maillons avals compétitifs. « Le couple agriculture et industrie doit sur ce point être renforcé. Cette nouvelle dimension implique la mise en place d’instruments de politique publique dans les domaines de l’économie, du droit et de la fiscalité permettant à nos entreprises agricoles d’être compétitives », a assuré le président. La loi de modernisation agricole ouvre dans ce sens des perspectives intéressantes, estime la Saf avec notamment des questions relatives à l’alimentation et à la qualité de l’alimentation, à la contractualisation, aux assurances dont le champ devra être élargi. Reste à développer les aspects fiscaux « que nous espérons voir pris en compte », a conclu Laurent Klein.
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