La FNCBV, qui tenait son congrès à Nancy les 27 et 28 octobre, a mis le thème du maintien de l’engraissement au cœur de ses revendications. La Fédération souhaite voir la mise en place d’une « caisse de régulation ou de sécurisation » permettant de faciliter les investissements dans l’engraissement. Elle demande également des mesures pour échelonner la fin des aides couplées et le doublement du fonds alloué aux comités de filière. Le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, devait, le 28 octobre, donner ses réponses sur ces sujets.
La Fédération nationale de la coopération bétail et viande (FNCBV) retenait son souffle le 27 octobre au soir, à la veille du discours de Dominique Bussereau. « Il faut sécuriser les investissements pour l’engraissement » demandait la fédération le premier jour de son congrès à Nancy. « Si nous n’obtenons rien demain, nous fermerons le dossier de l’engraissement», lançait Jean Bonnet, de la section bovine de la FNCBV.
Caisse de régulation
La priorité est donnée à l’engraissement, pour la FNCBV, à quelques semaines de la mise en application du découplage des aides et de la fin de la prime au bovin mâle. « L’activité de l’engraissement doit évidemment être rentable mais la période d’investissements est un moment sur lequel on doit intervenir en apportant une certaine sécurité», explique Ludovic Pageaud de la FNCBV. La fédération demande la mise en place d’une « caisse de régulation ou de sécurisation « permettant aux nouveaux installés d’investir plus facilement. Ce dispositif permettrait de compenser une partie de la baisse de 20 % en 5 ans prévue par l’Institut de l’élevage dans l’engraissement. « La rentabilité permet de maintenir la production mais il faut d’abord sécuriser et conforter les investissements », confirme de son côté Guy Hermouet, vice-président de la Fédération nationale bovine (FNB). La FNCBV souhaite que cette « caisse » soit financée à 20 % par les éleveurs et organisations de producteurs, à 20 % par les entreprises et à 60 % par l’Etat et l’Europe, pour un montant total de 5 millions d’euros pendant 5 ans. « Un accompagnement des pouvoirs publics est nécessaire pour relancer l’engraissement et conforter sa position», estime Jean-Claude Prieur, de la section entreprises de la FNCBV. « Il faut voir l’eurocompatibilité du système et préciser les règles de ce dispositif», a répondu Philippe Vinçon, sous-directeur de la DPEI, préfigurant peut-être la réponse du ministre le lendemain.
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Anticiper le manque d’abattage début 2006
Les revendications de la FNCBV adressées au ministre ne s’arrêtent pas là. L’arrivée du découplage est proche (1er janvier 2005) et la FNCBV craint un accélération des abattages avant cette période et surtout une pénurie après. « Je demande aux pouvoirs publics de pouvoir décaler quelque temps la PAB (prime d’abattage) et la PSBM (prime au bovin maigre) pour pouvoir gérer le manque d’approvisionnement qui suivra », a déclaré Jean-Claude Prieur. Jean Bonnet souhaite que le fond alloué l’année dernière aux comités de filière soit abondé. « Nous avions eu 1,5 million d’euros sans tenir compte du gel (ndlr : 1,2 millions au final) et nous demandons le doublement cette année », a-t-il demandé. Le discours du ministre de l’Agriculture était attendu avec impatience par tous les congressistes de la FNCBV, le lendemain 28 octobre.