Les périodes de crise et de mobilisation sont souvent propices à des illusions sur ce qui peut être obtenu. C’est hélas bien le cas avec ce qui se passe en Bretagne, tant autour de l’écotaxe que des soutiens réclamés par les entreprises.
N’est-ce pas faire croire à une illusion, lorsque les patrons de Tilly-Sabco et Doux font espérer le retour aux subventions à l’exportation (restitutions) pour le poulet congelé exporté hors d’Europe ? Cette suppression, réalisée par Bruxelles en plusieurs étapes, était prévue de longue date. A Quimper, les manifestants mis en avant par les industriels auraient pu utilement demander à leur patron ce qu’il a fait pour adapter la stratégie de l’entreprise à une situation largement prévisible. Ne fallait-il pas s’orienter vers des produits plus hauts de gamme ayant moins besoin de subventions ? Ce haut-de-gamme qui constitue, les opérateurs le savent bien, une part croissante de la demande mondiale.
N’est-ce pas faire croire à une illusion lorsqu’on laisse espérer qu’une région, fût-ce la Bretagne, pourrait être exonérée d’écotaxe quand les autres ne le seraient pas ? On voit mal un gouvernement commencer à mettre le doigt dans des différences régionales à ce point flagrantes alors que la plupart des organisations – dont la FNSEA – sont, à juste titre, très réticentes à la création de distorsions de concurrence régionales. C’est, sans doute, mais aussi la montée des colères en région, ce qui a poussé Xavier Beulin à demander une exonération générale d’écotaxe pour les filières agriculture, industrie agroalimentaire, agrofourniture. Alors qu’il n’en demandait auparavant que la suspension jusqu’à retour à une meilleure conjoncture. Mais là encore, ce sera bien difficile de faire en sorte que cela se traduise en réalité et non en illusion.

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