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Biomasse Imaginer de nouveaux contrats entre coopératives et industriels

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Le développement des marchés liés à la biomasse (énergie, chimie végétale, biocarburants...) s’accompagne de l’arrivée de nouveaux acteurs dans les filières agricoles. Entre ces industriels habitués à travailler avec des produits pétroliers et les coopératives agricoles, des contrats de long terme, qui assurent une juste rémunération des producteurs, doivent encore être trouvés.

Avec la valeur croissante que le carbone « vert » va acquérir dans les années à venir, la biomasse devient un débouché de plus en plus intéressant. Mais les industriels habitués au pétrole s’inquiètent de la régularité de l’approvisionnement de cette nouvelle matière première. De leur côté les agriculteurs craignent de ne pas tirer profit de la valeur ajoutée de ces nouveaux marchés. Pour apporter des réponses à cette question, Coop de France a organisé le 3 février un colloque sur le thème « les coopératives, acteurs clés des marchés biomasse ». « Nos adhérents possèdent la matière première et nous sommes là (les coopératives) pour rassurer les industriels et faire valoir notre savoir-faire en matière de logistique », estime Denis Grison, directeur de Coop énergie, union de coopératives (forestières et céréalières) du Nord. Seulement, explique Guillaume Bucco, directeur général du groupe Solvay France (industrie de la chimie), « nos investissements industriels se réfléchissent sur 15, 20 voire 50 ans parfois. Il faut être sûr de ne pas manquer de matière première à cette échéance ».

Des investissements en commun
« Sur des marchés mondialisés avec de très gros opérateurs, on ne peut pas attendre à ce qu’ils s’adaptent au marché de la biomasse, il va donc falloir que ce soit les coopératives qui s’adaptent », estime Claude Roy, responsable biomasse au Conseil général de l’agriculture, de l’alimentation et des espaces ruraux. Les coopératives et leurs nouveaux clients vont donc devoir trouver des partenariats équilibrés qui tiennent compte des impératifs de chacun. Des contrats de 20 ans sont envisageables, mais pas suffisants, estiment les deux parties. Jean-Marie Gabillaud, président de la commission développement durable de Coop de France, propose « des investissements croisés » entre partenaires pour, d’une part, rassurer les industriels et, d’autre part, intéresser la production agricole pour qu’ainsi chacun partage la valeur ajoutée équitablement. Une idée qui ne convainc pas forcément les industriels. « Cela fait des années que nous travaillons avec des produits pétroliers : nous ne sommes jamais devenus actionnaires des compagnies pétrolières, explique Guillaume Bucco. Il faut établir des contrats à long terme où chacun comprend bien les contraintes de l’autre ». Une partie de la solution peut reposer sur des investissements communs dans des filières naissantes ou dans la recherche et développement. Le meilleur moyen d’assurer la pérennité de ces nouveaux débouchés est de toute façon d’arriver à un partage équilibré de la valeur ajoutée.

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