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Viande de porc Impact limité de la pandémie de grippe, selon Bruxelles

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La commissaire européenne à l’agriculture a écarté, lors du Conseil agricole du 25 mai, à Bruxelles, l’idée de réactiver des restitutions à l’exportation dans le secteur du porc, comme le lui demandait le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier. Mis à part en Italie et en Grèce, Mariann Fischer Boel estime que les consommateurs n’ont pas réduit leurs achats de viande porcine suite à la flambée de virus de grippe attribuée dans un premier temps aux porcs.

«Globalement, la situation du marché du porc reste relativement favorable », a indiqué Mariann Fischer Boel, le 25 mai à Bruxelles, devant les ministres de l’agriculture des Vingt-sept. « Durant le printemps, les prix payés aux producteurs se sont clairement redressés pour atteindre un niveau similaire à celui du printemps 2008. Ces dernières semaines, les cours se sont stabilisés dans certains Etats membres. Toutefois, il est probable que la tendance à la hausse reprenne dans les prochaines semaines étant donné que les prix sont traditionnellement meilleurs durant la période estivale. Cela semble être un scénario raisonnable étant donné que la production de porc devrait encore baisser durant l’année 2009 », a détaillé la commissaire à l’agriculture.

Une situation « différente des crises cycliques »

Il n’est donc pas question, pour elle, de réactiver à ce stade les restitutions à l’exportation, malgré la demande en ce sens formulée par le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier, avec le soutien de Chypre, de la Belgique, de la Grèce, de l’Autriche, de la Hongrie, de la Slovénie, de la Slovaquie – l’Italie étant, quant à elle, plus favorable à une aide au stockage privé. La France a fait circuler une note faisant valoir que la crise traversée actuellement par le secteur porcin, depuis fin 2007, « diffère des crises cycliques jusqu’alors liées à un déséquilibre de l’offre et de la demande ». Actuellement, indique Paris, « la baisse de la consommation de viande dans l’Union et des exportations de l’Union vers les pays tiers retarde toujours l’amélioration de l’équilibre de l’offre et de la demande au niveau communautaire ». De plus, « la récente épidémie de grippe A/H1N1 risque de provoquer un nouveau retrait de la consommation des ménages », écrit-elle.

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Les exportations résistent bien

Un argument écarté par la Commission. Elle considère au contraire que l’impact de cette pandémie reste limité à « quelques Etats membres, l’Italie et la Grèce, en particulier ». Et, si Mariann Fischer Boel reconnaît que, dans ces pays, la désaffection des consommateurs pour le porc, même minime, a entrainé à la baisse les cours, elle insiste cependant sur « les premiers éléments disponibles pour le premier trimestre 2009 » en ce qui concerne les exportations. Ceux-ci suggèrent que les exportations de porc de l’UE « restent à un niveau similaire à celui enregistré au cours de la même période de 2008, quand les restitutions étaient encore disponibles pour la viande de porc fraîche et congelée », a fait remarquer la commissaire.