Si la production française approvisionne 70 % du marché national, le solde de la balance commerciale se dégrade. Les importations françaises atteignent près de 170 000 tonnes, soit une hausse de 40 % entre 2009 et 2019 selon le rapport du CTIFL. Les deux tiers des importations proviennent d’Espagne, et il s’agit principalement de variétés de laitues. « En hiver la production espagnole n’est pas complètement en frontal avec la France », tempère le vice-président de Légumes de France Cyril Pogu. « Nous faisons des laitues pommées, batavia, feuille de chêne, tandis que l’Espagne fait des produits type chicorées et [laitue] sucrine, qui ne sont pas faciles voire impossibles à faire chez nous à cause du climat », explique-t-il. « Il y a aussi beaucoup de [laitue] iceberg qui vient d’Espagne », complète le producteur occitan Pierre Battle.
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Les exportations françaises, elles, atteignent 75 000 tonnes, soit une baisse de 7 % en dix ans selon le CTIFL. Les envois de mâches et autres salades constituent 57 % des exportations (+7 % en une décennie), devant les contingents de laitues (29 %) et de chicorées (14 %) tous deux en forte baisse. L’Allemagne et le Royaume-Uni sont les deux principaux clients de la France : ils réceptionnent respectivement 30 % et 15 % des exportations françaises. Mais ces deux débouchés sont en recul. « L’Allemagne s’est mise a à produire de la salade il y a pas mal d’années, alors qu’avant elle ne faisait qu’acheter », explique l’ancien maraîcher Éric Testud. « Avec le changement climatique et la recherche variétale, on peut faire de la salade dans des conditions plus froides. Bien sûr, l’Allemagne est sur une production d’été mais parfois, suivant le climat, en octobre elle en a encore. »