Face aux dangers sanitaires liés à l’importation en Bretagne de porcelets vivants, les acteurs de la filière porcine rassemblés dans l’OVS Porc Bretagne (Organisme à Vocation Sanitaire) ont fait une série d’annonces, le 16 mars. Après quatre années de crise et de décapitalisation de truies, la Bretagne manque de porcelets. À ce jour, il n’y pas eu d’importations de porcelets vivants en Bretagne, ou peut-être à la marge. Mais le contexte pourrait rapidement changer et les importations se développer. « Les cours du vif en Allemagne ne sont pas si bons qu’en France, explique Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements (UGPVB). Lorsque le prix de l’aliment est élevé outre-Rhin, les éleveurs préfèrent parfois rallonger le vide sanitaire plutôt qu’engraisser des animaux à perte. » Les porcelets se retrouvent alors orphelins et les vendeurs peuvent être tentés de les brader ailleurs. Avec ces importations, l’introduction en Bretagne de germes pathogènes majeurs – des souches agressives du SDRP, la dysentrie, l’actinobacillus, etc. – pourrait se révéler très gênante pour une filière qui se relève tout juste d’un profond marasme. Et qui a été marquée par l’introduction, en 1991 et 2001, du SDRP et de la fièvre aphteuse qui allaient se révéler désastreux, plusieurs années durant. « Devant ces maladies dites non réglementées, c’est à l’OVS de sensibiliser l’ensemble des acteurs », explique Philippe Le Coz, vétérinaire spécialisé en porc, président d’un des deux syndicats professionnels vétérinaires de Bretagne, le GVT. L’OVS veut agir à deux niveaux. Il s’agit d’imposer la traçabilité en obtenant du vendeur (naisseur ou négociant) qu’il atteste du statut sanitaire des porcelets qu’il cède puis en informer l’OVS qui, à son tour renseignera la base de données nationale et professionnelle BD Porc. Il faut en outre faire en sorte que les éleveurs qui importent de jeunes animaux soient très vigilants sur leur état sanitaire pendant les trois premières semaines, qu’ils appellent le vétérinaire de l’élevage dès l’apparition du moindre symptôme. La discipline de groupe fonctionnera-t-elle ? « Tous les groupements que je représente (98 % de la production bretonne) s’engagent à respecter ce cahier des charges », souligne Michel Bloc’h.
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