Le brasseur basé en Belgique a racheté à Scottish & Newcastle un contrat de distribution qui n’avait plus lieu d’être.
Beck’s rejoint Stella Artois, Murphy’s et bien d’autres dans le portefeuille de marques distribuées par InBev au Royaume-Uni. Le premier producteur mondial de bière a en effet racheté à Scottish & Newcastle le contrat qui confiait à ce dernier la distribution de Beck’s sur le territoire britannique. La transaction, d’une valeur actuelle nette de 97,7 millions d’euros, intervient sept ans avant la fin prévue du contrat. Elle prévoit le paiement de par InBev à Scottish & Newcastle de versements annuels d’un montant total de 112 millions d’euros jusqu’en 2012.
Petit voyage dans le temps : nous sommes en 1987. Brauerei Beck GmbH & Co., qui brasse la bière allemande du même nom, cherche un distributeur pour commercialiser sa marque au Royaume-Uni. Ce sera Scottish & Newcastle, le numéro 1 britannique, qui possède jusqu’à son propre réseau de pubs. Un accord exclusif signé au mois d’août de la même année fait de S & N l’unique dépositaire national de la marque Beck’s pour 25 ans.
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600 000 hectolitres en jeu
En 2001, Interbrew acquiert la brasserie allemande et se voit obligé de respecter les accords conclus par les anciens dirigeants, malgré sa forte présence au Royaume-Uni. Devenu InBev, le géant mondial se trouve en concurrence directe avec S & N, qui continue pourtant à distribuer « sa » Beck’s sur le territoire britannique. Au fil des ans, la marque allemande gagne du terrain, pour s’établir à 600 000 hectolitres vendus dans le pays en 2004.
La situation devenue ubuesque, les deux brasseurs ont fini par trouver un terrain d’entente pour rendre à InBev la maîtrise de sa marque… et mieux s’affronter au Royaume-Uni. S & N domine le marché britannique avec 27 % de parts de marché, tandis qu’InBev y occupe la troisième position avec 19 %. Le premier affirme que la cession de la licence Beck lui permettra de se recentrer sur ses marques propres et d’y investir plus lourdement en publicité et en promotion ; le second voit dans la rétrocession de la bière blonde germanique un outil supplémentaire pour gagner du terrain au Royaume-Uni. Les deux brasseurs ont par ailleurs présenté des prévisions assurant leurs investisseurs de la rentabilité de l’accord dès 2006.