L’élevage, qui devait être au centre de la manifestation paysanne de Paris, le 23 juin, est-il en crise ?
Non si l’on prend les critères classiques d’une crise économique frappant un secteur de production. Les revenus ne s’effondrent pas, et même, pour certaines catégories, devraient se trouver en progrès par rapport à quelques années antérieures. A cela s’ajoutent des perspectives plutôt favorables. Les prix du lait sont annoncés en hausse, les marchés pour la viande bovine s’ouvrent tandis que les exportations de volailles hors d’Europe se portent pas trop mal.
Alors, pourquoi ce « mal-être » des éleveurs français, mal-être sincère et justifié ? C’est qu’ils rentrent dans une zone d’incertitudes aux paramètres multiples. Pour les producteurs de cultures, cette révolution n’est pas si inquiétante. Certes, les cours sont volatils mais les coûts des charges sont encore relativement maîtrisés et représentent des dépenses en pourcentage des recettes pas si inquiétantes. Pour les éleveurs, hormis les très extensifs, c’est tout le contraire. Une évolution même légère du coût des aliments du bétail et toute l’économie de l’exploitation peut être mise à mal. Du coup, plus que jamais, le niveau de compétence technique et économique va différencier l’avenir des uns et des autres. « On est face à un niveau d’exigence plus élevé » constate Jean-Marie Seronie, un des dirigeants du réseau de conseil CERFrance. C’est peut-être cela la cause principale de cette inquiétude de l’élevage français. Le sentiment, chez certains, qu’ils ne sont pas armés pour affronter ce nouveau contexte. Et qui peut être sûr de l’être ?

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