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Quelle que soit la qualité des prédécesseurs, un changement d’équipe gouvernementale peut être souvent l’occasion de remettre à plat et de rendre un peu plus cohérentes les positions adoptées. C’est tout ce qu’on peut souhaiter de la part de ceux qui auront à traiter de la question agricole. Deux incohérences récentes méritent ainsi d’être levées : comment peut-on défendre d’un côté, concernant le budget européen, une politique de maîtrise, voire de réduction des dépenses en général et réclamer un maintien, voire une hausse du budget agricole, le premier des budgets de l’UE ; il faudra que le prochain gouvernement lève l’ambigüité et opte, soit pour qu’il accepte une hausse du budget de l’UE soit qu’il reconnaisse une baisse des dépenses agricoles. Mais il faudra en prendre toute la responsabilité.
Autre incohérence actuelle, le refus de la réforme européenne concernant l’adoption des OGM qui laisserait une plus grande marge de manœuvres aux pays membres, alors même que la France fait cavalier seul en imposant ses clauses de sauvegarde à répétition. Non sans une autre contradiction quand on refuse un OGM tout en n’étant pas en mesure de bloquer l’importation de produits qui en contiennent. Sans doute, Bruno Le Maire aurait aimé avoir les coudées plus franches et éviter ce genre de contradictions. C’est souvent l’écart entre ce qui semble utile et nécessaire à l’agriculture et ce qui doit être sacrifié sur l’autel de l’opinion publique, qui crée ces incohérences. Mais faut-il toujours suivre l’opinion publique ?