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Inconfortable cohabitation

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La gestion des marchés, que la Pac n’assure maintenant qu’à la marge au profit de la loi du marché, divise toujours les États membres. Particulièrement en temps de crise, bien entendu. Confronté à la fronde des éleveurs, le gouvernement français a mis sur la table européenne une série de propositions qui, pour les États membres libéraux, s’apparentent en grande partie à un retour vers le passé. Il cherche donc des alliés à la fibre plus interventionniste, que l’on peut plutôt compter parmi les pays du Sud. Paris se heurte en fait à deux obstacles de taille : la présidence en exercice du Conseil de l’UE, actuellement assurée par les Néerlandais, traditionnels opposants à la régulation agricole, et l’actuelle Commission européenne, soucieuse de préserver l’empreinte libérale de la Pac réformée et, plus prosaïquement, de dépenser le moins possible. Pour convaincre, la France doit aussi nettoyer devant sa porte, ressasse Bruxelles. Son mémorandum préconise, par exemple, la ré-ouverture de l’aide au stockage privé du porc qui n’a été pourtant que très peu utilisée au niveau national. Mais, surtout, l’un des arguments qui lui sont opposés, c’est l’insuffisance de la restructuration de son secteur productif, un effort qui peut au demeurant faire de sérieux dégâts collatéraux sur le plan social. La Commission a, dans ce contexte, beau jeu d’insister sur le rôle que doivent jouer les fonds pour le développement rural. Mais ce n’est pas là une arme de crise. Et ce sont toujours les mêmes problèmes de cohabitation qui se posent : entre les États plutôt interventionnistes et ceux qui le sont moins, entre l’agriculture plurielle et l’agriculture mondialisée – et aujourd’hui sous embargo russe. 

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