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En direct de Bruxelles Incontournable réalité budgétaire

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Les échanges de vue des ministres de l’agriculture de l’UE, lors de leur escapade à Annecy, ont confirmé qu’il est vain de parler de la Pac de l’après 2013 en l’absence de toute indication sur son financement futur. Certes, pour les habituels détracteurs de cette politique, comme le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark, voire les Pays-Bas, l’affaire est simple et la cause entendue : selon eux, il faut libéraliser un secteur d’activité qui doit fonctionner comme les autres, quitte à prévoir quelques garde-fous en cas de réelle crise sanitaire ou autre, et ainsi réduire de façon drastique son budget. Pour les autres, le dossier est beaucoup plus complexe. Et très politique. L’hôte de cette réunion informelle, Michel Barnier, tenait à promener ses homologues dans une région où il est politiquement impliqué et où, sans agriculture, les montagnes dépériraient. Par la même occasion, il a aussi voulu démontrer à l’ensemble des exploitants français que, pour son gouvernement, les questions d’argent ne doivent pas hypothéquer le débat de fond. Cela fait, retour à la realpolitik. « Nous devrons rapidement, sur le plan interne, être au clair sur les paramètres financiers de la négociation (sur les prochaines perspectives financières de l’UE) qui seront très différents de ceux de 2005, puisque nous allons devenir contributeurs nets de la Pac et qu’en 2012 nous serons, avec les Allemands, les premiers contributeurs nets globaux », estimait récemment le très qualifié secrétaire d’Etat français chargé des affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet. « Nous ne pourrons maintenir les efforts engagés dans les domaines de la politique agricole commune et des fonds structurels qu’à condition que les interventions soient mieux ciblées et plus en ligne avec nos objectifs de compétitivité et d’emploi », avait-il ajouté à titre personnel. De toute évidence, les agriculteurs doivent s’attendre à de douloureux arbitrages budgétaires.

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